蹦,居然是大衛˙林區(David LYNCH)跟洛宏˙康鐵(Laurent CANTET
)。

大衛˙林區是美國男導演,洛宏˙康鐵是法國男導演。洛宏˙康鐵曾經在二○
○八年
五月以《我和我的小鬼們》(Entre les murs, 2008)拿下坎城影展金棕櫚獎,也是至今唯一一部洛宏˙康鐵執導的影片曾經在台灣作過商業放映。

洛宏˙康鐵洛宏˙康鐵大衛˙林區大衛˙林區大衛˙林區大衛˙林區洛宏˙康鐵洛宏˙康鐵洛宏˙康鐵(Ressources humaines, 2000)(L'Emploi du temps, 2001)(Vers le sud, 2006)(Entre les murs, 2008)(Foxfire, 2013)革命


07 octobre 2013
James Gray : « Mes deux cinéastes préférés sont David Lynch et Laurent Cantet »
http://cinema.blog.lemonde.fr/2013/10/07/james-gray-mes-deux-cineastes-preferes-sont-david-lynch-et-laurent-cantet/

J'aime beaucoup James Gray. Je l'aime parce que je le considère comme l'un des plus grands cinéastes vivants - grand tragédien, explorateur des tréfonds de l'âme, metteur en scène classique avec un grand C, qui filme ses acteurs en état de grâce... Ses films sont sombres et magnifiques, ses personnages bouleversants à vous donner la chair de poule. En Islande, au festival international du film de Rejkjavik, j'ai découvert qu'en plus d'être un grand artiste il est un homme à l'humour ravageur. Et j'ai un faible l'humour. Alors voilà, j'assume, après lui avoir donné la vedette dans un premier post à tendance touristique, je récidive en vous offrant les moments forts de la masterclass qu'il a donnée mercredi 2 octobre à Rejkjavik en duo avec Laurent Cantet.
Pourquoi ensemble ? Parce que James Gray est un grand admirateur de Laurent Cantet figurez-vous. "Un jour quelqu'un ma demandé quels étaient mes deux cinéastes préférés et j'ai répondu David Lynch et Laurent Cantet". (Gray place aussi très haut Ford, Hitchcock, Sirk et Bresson, et cite Le Guépard de Visconti comme étant son film préféré).

Harlan Jacobson, le critique américain qui animait cette double masterclass a souligné, à juste titre, que ces cinéastes étaient tous deux travaillés par la question des rapports de classe. A part ça, pas grand chose ne les rassemble. Cantet, qui s'apprête à tourner un nouveau film à Cuba, à partir d'un scénario co-écrit avec l'écrivain Leonardo Padura, est attiré vers l'étranger : "J'aime m'immerger dans une réalité qui n'est pas la mienne. J'ai l'impression d'être plus curieux quand je tourne à l'étranger. Et puis j'ai besoin d'écouter les autres. Paris je connais tellement bien que j'ai parfois le sentiment ne plus regarder les choses". Gray au contraire filme toujours ce qui lui est le plus familier : "Les attitudes de mes personnages sont volées aux gens de ma famille. Dans mes films, j'exploite mes sentiments et les leurs. Quand j'étais ado, je plaçais un micro sous le canapé du salon pour pouvoir récolter les conversations de mes parents ! Ne faites pas ça cela dit, ça ne sert à rien. La vérité dans la vie n'a rien à voir avec la vérité au cinéma !". Cantet raconte qu'il est arrivé au cinéma par goût de raconter les histoires, mais un peu par accident, comme s'il aurait aussi bien pu devenir écrivain. Gray est un cinéphile hard-core devenu cinéaste : "J'étais nul à l'école, j'étais surtout très lent. Je n'aimais rien à part les films, le baseball et le basket. J'étais un énorme loser, un gamin un peu bizarre, maladroit, moche. J'allais dans les salles de cinéma pour me cacher. J'ai commencé à la fin des années 1970. Je me souviens d'avoir resquillé avec mon frère pour voir Raging Bull. On n'était pas des boxeurs de 1941, mais on se reconnaissait dans ce personnage, dans ses gestes, dans ses attitudes. C'était fou. J'avais l'impression de voir mes voisins à l'écran. Pour moi c'était une formidable évasion. Aujourd'hui c'est une autre forme d'évasion que les jeunes cherchent dans le cinéma. Une évasion dans d'autres mondes. Il y a eu une grande mutation culturelle. L'évasion pour moi, c'était l'identification".
Le moment le plus passionnant de la masterclass eut lieu à la fin, quand James Gray a évoqué l'art de la "fin" d'un film. "La fin de Little Odessa est trop noire. Un happy end c'est naze. Mais une fin atroce c'est naze aussi. Parce que la vie n'est pas totalement misérable, en réalité. C'est quelque chose que je travaille en ce moment.  Et je pense y être arrivé un peu mieux avec mon dernier film, The Immigrant. Mais je ne suis pas encore totalement au bon endroit. J'admire beaucoup la fin de Ressources humaines de Laurent Cantet.  film se termine avec le personnage qui ère dans le paysage. Il a quitté son boulot, il se demande où il peut aller dans cette France, comment être un être humain aujourd'hui... Dans Entre les murs, la fin est ouverte aussi. Comment allons nous éduquer ces enfants ?"
"Dans Little Odessa, la fin est trop noire. Le personnage se demande où il va, mais il est radioactif. Il a détruit tout ce qu'il a touché. L'innocence est morte. L'espoir est mort. La seule personne qu'il aimait, son frère, est mort. Il a déçu tout le monde, sauf sa mère, qui est morte..."
"Il faut piquer des idées à Shakespeare, parce qu'il avait toutes les réponses. J'ai lu toutes ses pièces. Ses fins sont toujours parfaites. Parce qu'il jouait toujours les deux côtés à la fois. Ce qui rejoint les fins de Laurent. Dans Henri IV par exemple, le roi triomphe à la fin. Alors son copain Fallsatff vient vers lui, pour lui dire que maintenant que tu as le pouvoir, on va prendre du bon temps. Et le roi se détourne de lui. La clé il me semble c'est d'avoir plusieurs émotions contradictoires (comme ici la prise de pouvoir glorieuse et la noirceur), plutôt qu'une seule émotion univoque. C'est très difficile à faire. La fin du Parrain est à ce titre exemplaire. Michael Corleone a triomphé. Il est Satan, en gros ; mais il a le pouvoir. C'est inconfortable pour le spectateur, mais c'est satisfaisant. Comme la vie".

 
Isabelle REGNIER

薯條
創作者介紹
創作者 遊蕩的哲學:  ERRANCE, ERRARE HUMANUM EST, & LES PLAISIRS D'ERRER, ET CAETERA. 的頭像
errance

遊蕩的哲學: ERRANCE, ERRARE HUMANUM EST, & LES PLAISIRS D'ERRER, ET CAETERA.

errance 發表在 痞客邦 留言(0) 人氣( 8 )