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| Ray Bradbury, l'auteur de "Fahrenheit 451", est mort |
| Le Monde.fr avec AFP | 06.06.2012 à 17h40 • Mis à jour le 06.06.2012 à 17h40 |
L'écrivain américain de science-fiction Ray Bradbury est mort à l'âge de 91 ans à Los Angeles, a-t-on appris, mercredi 6 juin, de sa famille et de son biographe. Il est connu pour son roman Farenheit 451 (1953), classique des récits d'anticipation qui décrit une ère où la pensée serait interdite et les livres brûlés, ainsi que pour ses Chroniques martiennes (1950) et L'Homme illustré (1951). "Le monde a perdu l'un des plus grands écrivains que j'aie connus, et un des hommes les plus chers à mon cœur. Repose en paix, Ray Bradbury", a déclaré sur son compte Twitter son petit-fils, Danny Karapetian. "J'AI ÉCRIT SEULEMENT UN LIVRE DE SCIENCE-FICTION" Adapté au cinéma en 1966 par François Truffaut, Fahrenheit 451 (1953), inspiré par les autodafés nazis de livres écrits par des juifs, évoquait les dangers de la censure et du contrôle des idées dans un monde totalitaire. Auteur prolifique (cinq cents nouvelles, une trentaine de romans, des contes, des poèmes), on lui doit aussi de nombreuses pièces de théâtre et des scénarios pour le cinéma, comme Moby Dick (1956), pour John Huston, mais aussi pour la télévision, notamment La Quatrième Dimension et des épisodes d'Alfred Hitchcock présente. Né le 22 août 1920 à Waukegan (Illinois, nord des Etats-Unis), Raymond Douglas Bradbury découvre la littérature à l'âge de 7 ans avec Edgar Poe. Fils d'un père technicien et d'une mère d'origine suédoise, il a 14 ans lorsque ses parents s'installent à Los Angeles. Il a 17 ans lorsque sa nouvelle Script est publiée dans une revue de science-fiction. "La chose la plus amusante dans ma vie, c'était de me réveiller chaque matin et de courir jusqu'à la machine à écrire parce que j'avais eu une nouvelle idée", se réjouissait-il en 2000 S'il a été adoubé comme l'un des plus grands auteurs de science-fiction de sa génération, l'auteur ne se considérait pas réellement comme tel. "Avant tout, je n'écris pas de science-fiction. J'ai écrit seulement un livre de science-fiction et c'est Fahrenheit 451, basé sur la réalité. La science-fiction est une description de la réalité. Le fantastique est une description de l'irréel. Donc les Chroniques martiennes ne sont pas de la science-fiction, c'est du fantastique", avait-il déclaré dans une interview en 1999. En 2001, lors de la cérémonie du sixième Annual Writer's Symposium by the Sea, il a régalé son auditoire en racontant des anecdotes de sa vie et en évoquant son amour de l'écriture : YouTube video On peut le voir également dans un court film tourné en 2008, dans lequel il évoque sa carrière, ses sources d'inspiration, et son œuvre majeure, Fahrenheit 451 : |
| Raymond Bradbury, icône de la littérature fantastique, est mort |
| Le Monde.fr | 06.06.2012 à 20h51 • Mis à jour le 06.06.2012 à 20h51 |
Célèbre pour ses Chroniques martiennes et surtout pour Fahrenheit 451, l'écrivain américain Raymond (dit Ray) Bradbury est mort en Californie du Sud, mardi 5 juin. Il était âgé de 91 ans. Avec Ray Bradbury, c'est une certaine histoire de la culture populaire américaine dont les dernières pages se tournent. Une culture de masse, née au lendemain de la Première Guerre mondiale, comme l'auteur des Chroniques Martiennes, né dans l'Illinois le 22 août 1920. Celle des feuilletons radiophoniques, des magazines d'histoires à quatre sous (la fameuse "pulp fiction") et de la littérature de genre (policière, fantastique ou de science-fiction), qui s'impose alors sans plus de prétention. Auteur compulsif et têtu, Ray Bradbury est un enfant de la Grande Dépression, l'incarnation du "self-educated man". Un autodidacte qui n'alla jamais à l'université. A maintes reprises, il confessa avoir appris son métier d'écrivain en se rendant, adolescent, dans des bibliothèques publiques - et en volant des journaux dans des librairies (il les remettait en rayon après les avoir lus). Parmi ses premières lectures : Edgar Allan Poe, les Tarzan d'Edgar Rice Burroughs ou Le Magicien d'Oz de L. Frank Baum. Sa vocation est précoce : dès l'âge de 12 ans, Ray Bradbury écrit tous les jours - il n'a que 17 ans quand sa première nouvelle est publiée dans un fanzine. C'est en contribuant à ce genre de publications, ainsi qu'à d'autres plus sérieuses ou plus professionnelles, qu'il affinera son art de la nouvelle et du texte court. Car Ray Bradbury est avant tout un écrivain de la forme brève, voire du paragraphe. Le succès planétaire de son roman Fahrenheit 451, paru en 1953 (et de l'adaptation qu'en fit François Truffaut avec Oskar Werner et Julie Christie en 1966) est trompeur. Doublement, d'ailleurs, puisqu'il fera de l'auteur américain un classique de la science-fiction - alors qu'il est au départ surtout remarquable par son talent pour une littérature fantastique, onirique et lyrique, parfois teintée de science-fiction. Rien de plus. Ses premiers livres sont exemplaires de cette tendance, qu'il s'agisse des Chroniques Martiennes en 1950 ou de L'Homme illustré en 1951. Recueils de nouvelles légères et poétiques, liées entre elles par un fil narratif ténu qu'il est difficile d'appeler une intrigue, l'un et l'autre surprennent par leur grande délicatesse, leur attention au rythme de la phrase, leur sens de l'image. Confronté à la prudence de son éditeur qui hésite à publier des nouvelles d'un inconnu, Ray Bradbury modifie quelques lignes des Chroniques Martiennes pour en faire une illusion de roman - et le convaincre. Premières critiques positives, adaptation radiophonique immédiate sur la NBC. Sa carrière est lancée, tout de suite accompagnée d'un soupçon qui peut faire sourire, aujourd'hui : s'agit-il d'un écrivain de genre, ou d'un écrivain tout court ? Aux termes de science-fiction ou de fantastique, Ray Bradbury opposera par la suite, dans plusieurs entretiens, celui de "fiction d'idées" ("fiction of ideas") : des idées qui n'existent pas, ou pas encore. Plutôt qu'une littérature du possible ou du peut-être, une littérature de l'évidence (à venir) ou de l'ailleurs. Très éloigné des milieux intellectuels de la côte Ouest, fidèle à la Californie jusqu'à sa mort, l'écrivain se méfie des catégories. Il évite ceux qui croient savoir comment il faut écrire, critiques ou professeurs. Il leur préfère la compagnie des réalisateurs et des scénaristes, des artistes ou des dessinateurs. Il se lie ainsi très jeune avec Charles Addams (1912-1988), caricaturiste emblématique du New Yorker (connu pour avoir croqué les premières aventures de La famille Addams), qui illustrera certaines de ses nouvelles dans les années 1940. Avec le succès de ses premiers livres, la télévision et le cinéma s'intéressent à lui. Ses nouvelles sont adaptées dans le cadre des premières anthologies télévisées fantastiques ou policières - "Alfred Hitchcock présente" (1955-1965) ou "La Quatrième Dimension" (1959-1964), pour ne citer que celles-là. Très vite, la télévision américaine apprécie Ray Bradbury. Les téléspectateurs également : son style, ses influences leur correspondent à merveille. A la fin des années 1980, comme un hommage, il présentera même sa propre anthologie fantastique sur la chaîne câblée HBO : "Le Monde fantastique de Ray Bradbury" (1985-1992). Cependant, au tout début des années 1950, c'est surtout le cinéma qui l'intéresse - là, pourtant, l'idylle est plus difficile. Comme scénariste, ses tentatives sont loin d'êtres probantes. En 1953, Le Météore de la nuit (plus connu sous son titre original : It Came From Outer Space) du réalisateur Jack Arnold, est médiocre, pour le moins. La même année, pourtant, Bradbury est engagé par John Huston pour adapter le Moby Dick de Melville. La fin du roman lui déplaît, il la réécrit - enlève des personnages, modifie, corrige. Le film, sorti en 1956 avec Gregory Peck et Orson Welles, est un échec critique et public. Par la suite, Bradbury s'impliquera beaucoup moins. Et les années 1960 seront celles de l'adaptation de ses propres livres par d'autres : le stimulant Fahrenheit 451 de François Truffaut en 1966, et le décevant Homme illustré de Jack Smight en 1969 (avec Rod Steiger). A l'évidence, Ray Bradbury est davantage l'homme du petit écran que du grand. Surtout, il est l'homme de plus de cinquante livres. Le succès des premiers est en effet un trompe-l'œil, car Ray Bradbury ne cesse pas d'écrire, et surtout des nouvelles. La Foire des ténèbres (1962), Les Machines à bonheur (1964), Je chante pour le corps électrique (1970), mais aussi, bien plus tard, Train de nuit pour Babylone (1999), confirment son indiscutable talent. Il écrit également des pièces de théâtre (qu'il fait monter par la Pandemonium Theatre Company, qu'il fonde en 1964) et publie des recueils de poèmes. Il avouera d'ailleurs, dans une interview à la Paris Review au printemps 2010, qu'il "lit beaucoup de poètes, Hopkins, Frost, Shakespeare, et certains écrivains comme Steinbeck, Huxley et Thomas Wolfe". Mais pas d'écrivain de science-fiction. En l'espèce, ses influences avouées remontent à l'enfance : Jules Verne et H .G. Wells. |
| Par Nils C. Ahl |
| Mort de Ray Bradbury : l'auteur avait inspiré de nombreuses œuvres |
| Le Monde.fr | 06.06.2012 à 21h55 • Mis à jour le 06.06.2012 à 21h55 |
Ray Bradbury, le célèbre auteur américain considéré comme un des pères de la science-fiction est décédé mercredi 6 juin à Los Angeles à l'âge de 91 ans. Si ses premières nouvelles de science-fiction ont été publiées dans des fanzines en 1938, il s'est rendu véritablement célèbre avec son roman d'anticipation Fahrenheit 451, l'histoire d'un pompier chargé de brûler toutes les bibliothèques illégales, et qui finit par se rebeller contre ce système totalitaire. Ray Bradbury racontait, dans un film de Lawrence Bridges tourné en 2008, qu'il avait écrit ce livre en 1951, sur une machine à écrire payante qu'il avait découverte dans la cave d'une bibliothèque. A raison de dix cents la demi-heure, il a dépensé 9 dollars pour achever son roman, publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1953. Le livre a très vite eu un grand succès, et a été publié dès 1955 en France aux éditions Denoël dans la collection Présence du futur. Parmi la génération d'auteurs qui ont commencé à écrire de la science-fiction au même moment que lui, comme Isaac Asimov et Philip K. Dick, il s'est démarqué en proposant une vision plus poétique, mais aussi pessimiste du monde, à travers cette contre-utopie dont le titre fait référence au point d'auto-inflammation des livres, à la température de 451 degrés Fahrenheit, qui équivaut à un peu moins de 233 degrés Celsius. L'adaptation la plus célèbre de Farhenheit 451 est celle de François Truffaut, qui signait là son unique film en anglais. Dans la scène la plus emblématique du film, on voit les pompiers brûler des livres licencieux, comm Le Portrait de Dorian Gray ou The Moon and Sixpence, le roman de W. Somerset Maugham, qui raconte la manière dont son personnage, Charles Strickland, abandonne sa famille pour devenir un artiste. Dans un autre genre, le roman a été adapté en fiction interactive en 1984 par la société Byron Preiss Video Productions et publiée par Trillium Corp. Une nouvelle adaptation au cinéma avait également été évoquée il y a quelques années, avec Tom Hanks dans le rôle vedette. De nombreuses autres œuvres ont puisé leur inspiration, plus ou moins explicitement, dans ce roman, comme le film Equilibrium de l'Américain Kurt Wimmer, tourné en 2002 avec Christian Bale. On y retrouve le même univers futuriste, dans lequel les œuvres d'art sont brûlées. On peut également penser au film de Michael Moore, Fahrenheit 9/11, une critique de la société américaine, très engagée politiquement. Ou encore l'adaptation faite en 2010 par le dessinateur Tim Hamilton, qui en fit un roman graphique. Un autre de ses romans, Les Chronique martiennes, qui a été publié en 1950 aux Etats-Unis et en 1954 en France, a lui aussi été adapté de nombreuses fois, notamment à la télévision, sous la forme d'un feuilleton noir en trois parties réalisé par Michael Anderson, avec notamment Rock Hudson et John Cassady. Quelques nouvelles ont également été adaptées à travers la série télévisée Ray Bradbury's Chronicles (en français "Ray Bradbury présente"). Ray Bradbury a lui-même adapté son œuvre au théâtre, repris en France en 1966 par Louis Pauwels avec Jean-Louis Barrault, puis en 1974 au Théâtre poétique national. Des pièces bientôt suivies par une adaptation télévisée réalisée par Renée Kammerscheit et diffusée le 13 décembre 1974 sur la chaîne FR3. |
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