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Dominique Strauss-Kahn découvre qu'il a "un sérieux problème avec un de ses téléphones BlackBerry". L'appareil, qu'il utilise pour envoyer et recevoir des messages personnels et professionnels, a vraisemblablement été hacké. Une amie de l'ancien directeur du FMI, qui travaille comme documentaliste au siège parisien de l'UMP, lui a envoyé un message dans la matinée pour le prévenir "qu'au moins un de ces e-mails privés récemment envoyés depuis son BlackBerry à son épouse, Anne Sinclair, avait été lu dans les bureaux de l'UMP à Paris."
10 h 07
Inquiet, Dominique Strauss-Kahn téléphone à sa femme depuis le BlackBerry en question. "Au cours d'une conversation qui dure moins de six minutes, il lui annonce qu'il a un gros problème" et insiste pour qu'elle contacte Stéphane Fouks. Patron de l'agence Euro RSCG, ce dernier pilote depuis quatre ans la stratégie de communication de DSK en vue de la présidentielle de 2012. L'ancien directeur du FMI demande à son épouse de prévenir cet "ami" pour qu'il puisse rapidement "faire examiner le BlackBerry et l'iPad par un expert", une fois que DSK sera rentré à Paris.
12 h 06 - 12 h 07
Nafissatou Diallo, qui travaille depuis trois ans comme femme de chambre au Sofitel, pénètre dans la suite présidentielle occupée par Dominique Strauss-Kahn. D'après les déclarations de l'ancien directeur du FMI, ses bagages sont "visibles" dans l'entrée. "En temps normal, rappelle le journaliste de la New York Review of Books, le personnel n'entre pas dans une chambre pour la nettoyer tant que le client s'y trouve".
Que se passe-t-il dans les six ou sept minutes qui suivent ? Edward Epstein s'en tient au rapport du procureur de New York qui évoque un "rapport sexuel hâtif". A 12 h 13, Dominique Strauss-Kahn téléphone à sa fille Camille avec laquelle il a rendez-vous pour déjeuner, pour la prévenir qu'il risque d'être en retard.
12 h 26
Nafissatou Diallo entre dans la chambre 2820, située au même étage que celle de Dominique Strauss-Kahn. La femme de chambre s'y est déjà rendue à plusieurs reprises dans la matinée, selon Edward Epstein. "Y avait-il quelqu'un dans la chambre 2820 en dehors de Nafissatou Diallo avant et après sa rencontre avec DSK ? Si oui, qui étaient-ils et que faisaient-ils là ; et pourquoi, dans tous les cas, Diallo a-t-elle nié qu'elle s'était rendue dans la chambre ?" s'interroge le journaliste. Questionné à ce sujet par les avocats de l'ancien directeur du FMI, le groupe Accor a refusé de répondre.
12 h 28
Dominique Strauss-Kahn quitte le Sofitel dans un taxi en direction du restaurant McCormick & Schmick's, sur la Sixième Avenue. D'après les caméras de surveillance de l'établissement, il arrive à destination à peu près une demie-heure plus tard.
12 h 51
Le téléphone de DSK est déconnecté et le système de géolocalisation de l'appareil désactivé, comme en témoignent les archives de la compagnie BlackBerry. "Si on excepte la possibilité d'un accident, pour qu'un téléphone soit mis hors service de cette façon, il faut, selon un expert légal, une connaissance technique du fonctionnement du BlackBerry", précise Edward Epstein.
12 h 52
Nafissatou Diallo est prise en charge par le service de sécurité de l'hôtel.
13 h 03
John Sheehan, un expert des questions de sécurité "identifié sur son profil LinkedIn comme 'directeur de la sûreté et de la sécurité' chez Accor", reçoit un appel du Sofitel. Appelé en renfort pour assiter les équipes de l'établissement, il passe au moins un coup de fil dans la voiture qui le conduit à l'hôtel. A qui et pourquoi ? Impossible de le savoir. Le journaliste de la New York Review of Books se borne à rappeler que le responsable de la sécurité du groupe Accor, et donc le plus haut supérieur hiérarchique de John Sheehan, n'est autre que René-Georges Querry, un ancien membre de la brigade antigang, qui "a travaillé dans la police avec Ange Mancini, coordinateur national du renseignement du président Sarkozy".
13 h 33
Brian Yearwood, ingénieur en chef du Sofitel, et un homme dont l'identité n'a pas été dévoilée – mais qui a auparavant accompagné Nafissatou Diallo jusqu'au PC sécurité – s'éloignent du groupe rassemblé autour de la femme de chambre. A l'abri des regards, ils se congratulent, frappent dans leurs mains et se lancent dans "ce qui ressemble à une extraordinaire danse de fête qui dure trois minutes". Pourquoi les deux hommes se livrent-ils à une telle démonstration de joie ? Edward Epstein, qui a visionné les enregistrements des caméras du Sofitel, s'abstient d'émettre la moindre hypothèse.
14 h 05
Deux officiers de police arrivent au Sofitel.
14 h 15
Dominique Strauss-Kahn se rend compte dans le taxi qui le mène à l'aéroport que le BlackBerry qu'il souhaite faire expertiser à Paris a disparu. Depuis un autre mobile, il réussit à joindre sa fille et lui demande de retourner au restaurant pour vérifier que l'appareil ne s'y trouve pas. Camille renvoie un message à son père à 14 h 28 pour le prévenir qu'elle a fait chou blanc. A 15 h 01, le directeur du FMI, toujours en route vers l'aéroport, essaie en vain de joindre le BlackBerry à partir de son portable de rechange. Une demie-heure plus tard, il se résigne à appeler le Sofitel pour avertir le personnel qu'il a vraisemblablement oublié son téléphone dans la suite 2806.
15 h 42
Un employé de l'établissement new-yorkais rappelle DSK. L'homme, qui parle en présence d'un détective de la police, annonce "faussement" à l'ancien directeur du FMI que son téléphone a été retrouvé. Il lui propose de lui faire porter. "Je suis au terminal d'Air France, porte 4, vol 23", répond l'intéressé.
16 h 45
La police arrête Dominique Strauss-Kahn dans l'avion qui devait le conduire à Paris. Le BlackBerry ne sera jamais retrouvé et les soupçons de piratage de l'appareil jamais étayés par des analyses d'expert.

| "Tomboy" : malentendus identitaires |
| Le Monde | 19.04.11 | 15h32 • Mis à jour le 20.04.11 | 13h46 |
C'est un enfant de 10 ans, mignon comme tout, à la blondeur de couverture de magazine. Visage androgyne, taches de rousseur, yeux bleus, débardeur immaculé. Il emménage dans une nouvelle cité, sa nouvelle chambre aura des murs bleus, sa petite soeur adore les chatouilles, sa mère est enceinte, son père s'amuse à lui laisser le volant de la voiture. Une famille en or. La rentrée des classes approche, et pour n'importe quel enfant venant de changer de lieu d'habitation, le déracinement engendre une solitude, une angoisse. Dehors, il fait beau, un groupe de garçons s'amuse. Il est temps de se faire accepter dans le groupe. En bas de l'immeuble, une petite fille lui demande son prénom. "Michaël". A vous, lecteurs, qui n'aimez pas qu'on vous dévoile le ressort d'un scénario, il est peut-être temps d'abandonner ici la lecture de cet article sur Tomboy, de Céline Sciamma, bien que son rebondissement soit dévoilé assez tôt. Michaël joue au foot, au jeu du béret, entretient une relation d'attirante amitié avec sa nouvelle amie Lisa. Au fil des minutes, Céline Sciamma nous fait sentir qu'il entretient un secret, mène double vie. Pourquoi cette propension à se scruter dans le miroir, à vérifier qu'il peut se mettre torse nu, à couper des mèches de cheveux qui tendent à masquer son cou et s'amuser à s'en faire des moustaches ? Le mystère est levé lorsque Michaël sort de la baignoire. Michaël est une fille. Tomboy, récit ludique du désir de travestissement d'un garçon manqué, vire insensiblement au tendre suspense, puis à une discrète réflexion sur l'identité, sur la liberté de se choisir une vie, sur la manière dont les autres vous regardent et qui détermine votre bien-être, vous cloisonne, vous condamne, vous ramène à une normalité. OBLIGÉE DE PORTER UNE ROBE Mine de rien, Tomboy donne à réfléchir sur le droit de tout un chacun à avoir une face occulte, sur l'existence vécue comme dissimulation. Dans un premier temps, non sans une certaine tension, Michaël est seul avec son fantasme, inquiet de devoir aller pisser accroupi dans un bois quand ses camarades de jeux pissent debout, soucieux de se nicher un faux pénis en pâte à modeler dans le slip pour faire illusion lors d'une baignade collective. Dans un deuxième temps, il est démasqué par sa petite soeur qui accepte de jouer le jeu, trop contente d'avoir un grand frère qui la protège. Dans un troisième temps, après le trouble ressenti en tête à tête avec Lisa qui l'embrasse, et s'amuse à le maquiller comme une fille, viendra l'épreuve. Contraint de dévoiler son sexe, d'avouer son vrai prénom (Laure), de faire amende honorable avec une mère soucieuse de conformisme, Michaël vit un drame personnel, fait d'humiliations. Par petites touches impressionnistes, un jeu de non-dits qui pousse le spectateur à projeter ces situations d'enfance sur les malentendus, complexes ou calvaires vécus par des adultes, la comédie de Céline Sciamma vire quasiment au drame existentiel. Le détonateur de l'enfermement dont sera victime Laure/Michaël est déclenché par les adultes. Ici, ce n'est plus un jeu, comme dans le Sylvia Scarlett, de George Cukor (1935), où Katharine Hepburn se déguisait en garçon. L'obligation de porter une robe devant ses camarades vire à la blessure, à l'avilissement. Tomboy est un film sur l'apprentissage de la cruauté, comme l'était son premier opus, Naissance des pieuvres, où une gamine faisait de la natation synchronisée pour être intronisée dans un groupe et approcher une belle blonde, fausse lolita, par désir. Déjà Céline Sciamma déclinait la difficulté pour une fille d'enterrer son soutien-gorge, sondait l'intolérance vis-à-vis de l'homosexualité, ou tout simplement vis-à-vis des protocoles sociaux. |
| Film français de Céline Sciamma. Avec Zoé Héran, Malonn Lévana, Jeanne Disson, Sophie Cattani, Mathieu Demy. (1 h 22.) |
| Jean-Luc Douin |
| Article paru dans l'édition du 20.04.11 |

