羅曼˙波藍斯基接受瑞士羅曼語電視台主持人達黎宇斯˙侯胥班(Darius Rochebin)的專訪,專訪影片將於二○一一年十月二號在瑞士羅曼語電視台播出;以下專訪文稿則是轉載法國《世界報》二○一一年十月二日號。
Roman Polanski : "Je suis habitué à la mort, oui"Le Monde | 01.10.11 | 12h02 • Mis à jour le 01.10.11 | 15h10
Pour la première fois depuis son arrestation à Zurich, en 2009, Roman Polanski se confie dans une interview-document, qui sera diffusée à la Télévision suisse romande, dimanche 2 octobre. Le cinéaste a accepté de répondre à Darius Rochebin, présentateur du journal télévisé suisse. Il décrit sa captivité, son travail en prison. Il raconte une vie marquée par une suite d'événements dramatiques.
"Dès ses premières réponses, précise Darius Rochebin, j'ai senti que Roman Polanski était en veine de confidences. Ce lundi 26 septembre, au Gstaad Palace, désert, ouvert uniquement pour nous, il semble soudain dénoué, ouvert à toutes les questions. Il avait accepté 'quelque chose de très court, juste pour les news'."

Il restera assis 60 minutes devant les caméras de la TSR. "Il ne donne presque jamais d'interview. Il a visiblement envie de faire une exception, poursuit Darius Rochebin. Peut-être une manière de boucler la boucle : il vient recevoir à Zurich le prix qui lui était destiné quand il a été arrêté, il y a deux ans jour pour jour. C'est aussi le fruit d'une relation de confiance depuis deux ans. Je me suis rendu plusieurs fois dans son chalet de Gstaad. Nous avons parlé de son incroyable capacité de survie, de nos lectures respectives et du gâteau au pavot polonais qu'il m'a fait partager en signe de bienvenue."

Roman Polanski : C'est une chose à laquelle j'ai été déjà habitué il y a trente-quatre ans ! Il ne faut pas oublier que je suis allé en prison. J'ai fait ma peine. C'est pour ça que je suis parti des Etats-Unis, à l'époque, parce qu'on voulait "rebeloter". Mais cette fois, c'était plus supportable. Je n'avais plus cette panique du jeune metteur en scène jet-set qui ne reste jamais dans un même endroit plus que trois ou quatre jours.

  • Lors de l'affaire DSK, certains ont fait la comparaison avec vous. Une pulsion qui fait basculer une vie…

Oui. Oui. Bien sûr, oui.

  • Vous avez eu des regrets?

Oui, naturellement. Cela fait quand même trente-quatre ans. Bien sûr, j'avais des regrets.

  • Aujourd'hui vous ne pouvez aller qu'en Suisse, en France, en Pologne…

Je vis en France, je suis français!

  • Oui bien sûr, mais il y a beaucoup d'endroits où vous ne pouvez pas aller. Vous sentez un enfermement ?

Non, parce que, déjà, je me suis habitué pendant cette année sabbatique [rire]. Et puis j'ai beaucoup voyagé dans ma vie. Ce qui compte pour moi, c'est d'être près de ma famille et de ne pas être séparé comme pendant cette année. Ce qui est bon maintenant, c'est que la vie est absolument normale.

  • On vous décrit parfois comme un nain maléfique et vicieux, ou comme un génie du cinéma, ou les deux à la fois…

Cette image de moi a commencé à la mort de Sharon Tate. C'est ça qui a plu aux médias, et ça roule comme une boule de neige. Ça a vraiment explosé avec l'invention de l'Internet.

  • La première fois que vous êtes venu en Suisse, c'était pour quoi ?

Bizarrement, la première fois, c'était pour fuir les médias. C'était après la tragédie qui nous est arrivée à Los Angeles, où Sharon Tate, ma femme, enceinte de huit mois, a été assassinée avec trois de mes amis. Avant qu'on trouve Manson, j'étais même soupçonné d'avoir quelque chose à faire avec ça. Cela excitait énormément les médias parce que je venais de finir le film Rosemary's Baby sur la magie noire et ils ont fait immédiatement un amalgame.

C'était insupportable. J'avais un ami qui m'a invité à Gstaad. Il m'a dit : "Ici tu seras à l'abri." Et en effet, à cette époque, on était complètement à l'abri. Il y avait quelques paparazzis qui venaient autour des fêtes de Noël dans la haute saison pour vous photographier et c'était tout.

  • Sharon Tate a été tuée alors qu'elle était enceinte. Votre mère avait été tuée à Auschwitz, elle aussi enceinte. Et vous vous êtes refait, toujours. Comment avez-vous fait ?

Vous savez, je me pose la question. Je suis peut-être fait d'un matériau plus dur. On pourrait faire des clous avec moi.

  • Vous avez vu si souvent la mort, la mort de ceux que vous aimiez, la mort à laquelle vous avez échappé ! Cela change le point de vue ?

Certainement, j'ai vu la mort très jeune, dans le ghetto. La première fois, j'ai vu une femme tuée, quand j'avais 7 ans, à quatre mètres de moi. C'est comme le chirurgien, il s'habitue au ventre ouvert. Je suis habitué à la mort, oui.

  • Il y a des tournants étonnants dans votre parcours, dans votre enfance, quand vous dites à une fille "baise mon cul", cela détermine beaucoup de choses !

Oui, c'était mon premier jour dans une crèche et on m'a viré tout de suite. Donc je n'ai jamais été en crèche. Mes parents étaient désespérés ! Il s'en est suivi un parcours compliqué. Très ! A l'école il y avait un épidiascope. J'étais fasciné, pas tellement par les illustrations de livre que ça permettait de projeter, mais par le mécanisme de la projection. J'étais toujours le problème de la classe, parce que je mettais la main devant l'objectif pour faire des ombres chinoises, c'était la mécanique de la projection qui me fascinait.

  • Au cinéma, de quand date la première illumination ?

C'était des moments où ma grande sœur m'emmenait voir des films. J'étais trop petit pour aller au cinéma, la seule chose intéressante c'est que le cinéma était vide, c'était l'après-midi et lorsque je voulais faire pipi, elle ne voulait pas rater la scène, elle me faisait pisser sous les rangs.

  • Ensuite, vos parents sont déportés. Vous êtes caché dans des familles polonaises catholiques.

C'était la campagne vraiment médiévale… Il n'y avait à manger que du gruau. La famille chez qui j'étais avait trois gosses. La femme était extrêmement bonne, très religieuse, et certainement cela avait à voir avec ça. Elle m'aimait beaucoup. C'était bien, ça, c'était bien.

  • Il y avait la peur, la méfiance ?

Oui, parce qu'on pouvait me découvrir. Heureusement, j'avais un physique extrêmement polonais. J'avais des cheveux clairs. On peut encore le voir un peu, même s'ils sont gris. J'avais un physique qui n'était pas difficile à cacher.

  • Vous avez eu beaucoup de chance ?

Beaucoup de chance oui. Beaucoup de malchance aussi. Cela se mélange. Peut-être que, dans cette amplitude, les hauts paient pour les bas…

  • Dans vos films l'humour se mélange aux situations dramatiques.

Dans la vie, l'humour se mélange au tragique ! Je me rappelle, en Pologne, les funérailles de mon père. C'était à l'époque où on sortait du communisme. Il y avait encore la vodka dans toutes les circonstances et les quatre croque-morts venus porter le cercueil étaient complètement bourrés. J'étais furieux. Je ne savais pas quoi faire. Il y avait mes amis, cinéastes, Wajda, Morgenstern. Ils m'ont dit : on va porter le cercueil. C'était drôlement lourd. Moi et Morgenstern, on était petits. Je sentais que le corps de mon père glissait vers nous, on portait tout le poids. C'était des trucs comiques et dramatiques et même temps.

  • Carnage, c'est un film que vous avez écrit en partie en captivité, ce sont des conditions très particulières.

C'est des bonnes conditions ! Moi, je forcerais certains scénaristes à se faire arrêter pour se mettre au boulot [rires]. Avant, dans les studios hollywoodiens, il y avait une partie qui s'appelait writer's block, et les scénaristes pointaient le matin !

C'est l'histoire de deux couples qui ont des rapports courtois au début, puis tout dégénère en insultes et en haine. C'est ça qui m'a séduit dans la pièce [de Yasmina Reza]. C'est la dénonciation du politiquement correct. Les personnages révèlent leur vraie nature humaine. C'est-à-dire des gens capables de haine, d'égoïsme, mais tout ça est couvert par le vernis de la classe moyenne, qui se veut d'ailleurs très civilisée.

  • On est tous comme ça ?

Je pense qu'on est tous comme ça, peut-être avec quelques exceptions… Moi ! [Rires.]

  • Oui, vous êtes pire !

Non je ne pense pas, je pense que j'ai moins de vernis…

  • La vraie nature des gens, sous le vernis, c'est une source d'inspiration dans tous vos films…

Souvent oui, montrer la vraie nature des gens. D'ailleurs, dans mon premier film, Le Couteau dans l'eau, il y avait beaucoup de ça et j'étais tout jeune, j'avais 27 ans quand j'ai fait ce film…

  • Pendant votre captivité, vous avez travaillé en prison, sur la table où les prisonniers coupent les oignons !

J'étais en train de terminer Ghost Writer. J'avais un ordinateur, mais je n'avais pas le droit à l'Internet. On m'envoyait des DVD. Je faisais des notes que je donnais à l'avocat, l'avocat les donnait à la police, la police les rendait à l'avocat. Ensuite, on les envoyait à mon monteur. C'était un processus extrêmement lent. Ils nous ont installés dans une salle où normalement les prisonniers pèlent les oignons pour gagner un peu de sous.

  • Vous nous racontiez que c'est votre fils qui a coupé le bracelet électronique à votre libération. Le goût de la liberté, c'était quoi ?

C'était un peu bizarre les premiers jours. C'est un autre angle, dans notre langage de cinéastes. Cela a des séquelles quand même. On ne fonctionne pas pareil après une expérience comme ça, à mon âge, si longtemps après tout ça…

  • Je me souviens vous avoir entendu dire que ce que vous préférez dans le cinéma, c'est les files d'attente des spectateurs à l'entrée !

Bien sûr, on peut faire les choses les plus merveilleuses, mais si elles ne sont pas acceptées, c'est des vies tragiques. C'est Van Gogh qui a vendu une seule toile, et encore, à son frère, je crois. Ce grand peintre qui est mon peintre absolument préféré a eu une vie pour nous, pas pour lui-même. Je n'ai pas cette ambition, je voudrais vouloir partager ma vue du monde avec d'autres.Propos recueillis par Darius RochebinArticle paru dans l'édition du 02.10.11
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法新社的報導:
Soulagement des soutiens de Roman Polanski
LEMONDE.FR avec AFP | 12.07.10 | 19h01 • Mis à jour le 12.07.10 | 20h53

Les soutiens de Roman Polanki en France et en Pologne se sont réjouis de la décision de la Suisse lundi 12 juillet de ne pas extrader le cinéaste franco-polonais vers les Etats-Unis et de lui rendre sa liberté de mouvement, tout en regrettant les dix mois de "perdus" depuis son arrestation. Le cinéaste a adressé un "immense merci" à tous ceux qui l'ont soutenu et déclaré qu'il ne s'exprimera pas publiquement après la décision de la justice suisse de le libérer, selon son avocat, Hervé Temime.

"Roman Polanski peut enfin rejoindre la communauté des artistes qui l'ont entouré avec chaleur et respect durant plusieurs mois", s'est félicité le ministre français de la culture, Frédéric Mitterrand. "Voici venu le temps de l'apaisement. Le passé douloureux, la riche personnalité, l'œuvre unanimement admirée de Roman Polanski retrouvent toute leur place", ajoute-t-il. Son collègue aux affaires étrangères Bernard Kouchner a fait part de son "profond soulagement" à son homologue suisse, Micheline Calmy-Rey.

Les deux ministres français avaient apporté un soutien appuyé au cinéaste au moment de son arrestation, jugée "absolument épouvantable" par Frédéric Mitterrand. Cet engagement leur avait valu des critiques d'une partie de la classe politique et de la presse françaises et ils avaient dû par la suite modérer leur soutien au cinéaste.

SOULAGEMENT EN POLOGNE

"Merci la Suisse, bravo la Suisse !" s'est aussi exclamé l'ancien ministre socialiste de la culture Jack Lang, pendant que le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, a espéré que Roman Polanski puisse "rapidement se consacrer à nouveau tout entier à son travail de cinéaste". L'écrivain Bernard-Henri Lévy, qui avait été le premier à faire circuler une pétition de soutien au cinéaste franco-polonais, s'est dit "fou de bonheur". "Je viens de lui parler, il est dans le même état d'esprit que les millions de citoyens qui l'ont soutenu, son sentiment c'est que justice lui est rendue", a-t-il confié.

Même soulagement en Pologne, où la joie est "toutefois doublée d'un sentiment d'amertume, si l'on songe aux dix mois de vie ôtés à Roman" pour le réalisateur Jacek Bromski, président de l'Association des cinéastes polonais. "Sa détention était illégitime dès le début, tout le monde le savait, et pourtant on laissait jusqu'ici des magistrats de bas niveau décider du sort de cet homme", a-t-il souligné.

Selon Andrzej Serdiukow, coproducteur polonais du Pianiste de Roman Polanski couronné par un Oscar, "c'est une grande joie pour tous les amis de Roman, surtout qu'il était vraiment en mauvaise condition morale ces derniers temps". "Cet isolement le tuait. Mais il s'en remettra très vite, c'est quelqu'un de perpétuellement jeune qui regarde toujours vers l'avenir, et non vers le passé", a-t-il déclaré. Dans un communiqué diffusé lundi, le ministère polonais des affaires étrangères s'est déclaré "satisfait", tandis que le ministère américain de la justice a fait savoir qu'il ne faisait "pas de commentaire".
 

法國《世界報》的報導:
Roman Polanski à nouveau libre de ses mouvements
Le Monde | 13.07.10 | 17h07 • Mis à jour le 14.07.10 | 10h30
Où est passé Roman Polanski ? Nul ne le sait. Mais il est libre. Et c'est une surprise. Vers midi, lundi 12 juillet, le bracelet électronique que les autorités suisses l'obligeaient à porter depuis son assignation à résidence, en décembre 2009, à Gstaad (Canton de Berne), lui a été retiré.

Le cinéaste franco-polonais, 76 ans, aurait quitté le pays à bord d'un avion privé. En fin de soirée, il adressait, par le biais de son avocat Hervé Temime, "un immense merci" à tous ceux qui l'ont soutenu.

La délivrance, pour Polanski, est venue d'Eveline Widmer-Schlumpf, chef du département fédéral de justice et de police, qui a annoncé, lors d'une conférence de presse à Berne, lundi 12 juillet à 14 heures, qu'elle rejetait la demande d'extradition de la justice californienne et que le cinéaste était "libre de ses mouvements".

Cette décision met fin à une affaire qui embarrasse la Suisse depuis l'arrestation du cinéaste, le 26 septembre 2009, à l'aéroport de Zurich, sur mandat international américain. L'auteur du Bal des vampires (1967) venait assister à un festival de cinéma. Il était en train de mettre la dernière main à son film The Ghost Writer, présenté en février au Festival de Berlin. Il a été incarcéré pendant 68 jours dans un endroit tenu secret, à Zurich, avant de pouvoir gagner Gstaad, le 4 décembre 2009, contre le versement d'une caution de 4,5 millions de francs suisses (plus de 3 millions d'euros).

Interrogé par Le Monde, Georges Kiejman, autre avocat de Polanski, se dit "heureusement surpris, car la décision pouvait aller dans un sens ou dans un autre".

La justice suisse avance deux raisons. La première est que la justice californienne a refusé de lui communiquer le procès-verbal d'une audition du procureur Roger Gunson, chargé de l'affaire en 1977. Ce juge aurait "assuré" que les 42 jours effectués à la prison de Chino pour une évaluation psychiatrique couvraient la totalité de la peine, selon l'accord passé, le 19 septembre 1977, entre le juge Laurence Rittenband et les parties.

Ce dernier, mort en 1993, se serait "assis" sur l'accord, voulant une peine plus lourde. Il aurait ainsi provoqué la fuite de Polanski des Etats-Unis pour la France, à la veille de l'audience du 1er février 1978, qui devait déterminer sa peine. Devant l'impossibilité de vérifier ce scénario, la Suisse estime que la demande d'extradition "souffre d'un vice grave" et doit donc "être rejetée".

Polanski lui-même a repris cet argument lors de son unique déclaration depuis Gstaad, le 2 mai, relayée par Laregledujeu.org, le site de Bernard-Henri Lévy : "J'ai été trahi par le juge. Le juge s'est parjuré et j'ai exécuté ma peine."

Dans son documentaire sur Polanski, Wanted and Desired (2008), Marina Zenovich faisait déjà témoigner le juge Gunson.

Interrogée par Le Monde alors qu'elle était en salle de montage, où elle termine le deuxième volet de ce travail sur l'affaire Polanski, Marina Zenovich préfère ne pas commenter le dernier épisode de cette affaire. Mais elle revient de Suisse où elle a interrogé les protagonistes helvétiques, et elle affirme : "Eveline Widmer-Schlumpf a fait preuve de courage face à une décision difficile."

Le deuxième argument de la justice suisse est que Polanski s'est rendu "en toute confiance" dans ce pays, où il résidait régulièrement depuis l'achat de son chalet, en 2006. L'extrader dans ce contexte, c'était contrevenir au droit public national et international.

"L'argument est cocasse, commente Georges Kiejman. Car tout cela ne serait pas arrivé si la Suisse n'avait pas arrêté Roman !" D'autres facteurs ont pu jouer dans la décision suisse. Le fait que la victime, Samantha Geimer, avait demandé l'abandon des poursuites en octobre 2009 - "Polanski n'a pas été traité de manière juste", a même dit l'avocat de Mme Geimer.

Un rapport effectué en prison affirme qu'il n'y a pas de déviances sexuelles chez Polanski. La documentariste Marina Zenovich a mis au jour d'autres vices de forme lors de l'instruction, en 1977, et elle a stigmatisé l'attitude du juge Rittenband, surnommé "le Marteau" pour sa sévérité.

Après l'arrestation de Polanski le 26 septembre 2009, les opinions s'affrontèrent. Parmi les pro-Polanski figuraient de nombreux cinéastes, dont Martin Scorsese, Woody Allen, David Lynch, Jean-Luc Godard. Mais aussi l'écrivain Milan Kundera qui écrivait dans une tribune au Monde, le 7 mai : "Sans le connaître personnellement, je ne pense, dans les huit derniers mois, à personne d'autre plus qu'à lui." Et puis le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, ou celui des affaires étrangères, Bernard Kouchner qui ont exprimé, lundi 12 juillet, leur soulagement.

Quasiment toute la presse américaine, le New York Times en tête, des personnalités comme le gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, avaient, eux, estimé que Polanski devait être extradé et jugé, rappelant les faits dans leur crudité, et appelé à l'égalité devant la justice quels que soient la notoriété ou le talent.

En dépit de la décision suisse, Polanski, qui a fui la Californie en 1978 à la veille de l'audience qui devait finaliser sa sentence, reste un fugitif aux yeux de la justice américaine. A Washington, un porte-parole du ministère de la justice a exprimé sa "déception", d'autant que les Etats-Unis ne peuvent pas faire appel. "Nous continuerons à chercher justice dans cette affaire et nous allons étudier nos possibilités."

Le procureur du comté de Los Angeles, Steve Cooley, qui comptait bien extrader Polanski, essuie donc un revers, et s'est déclaré "profondément déçu" dans un communiqué, qui prend soin de détailler à nouveau les six chefs d'inculpation (dont viol, sodomie, perversion, drogues...). Ce procureur élu, qui aspire au poste de secrétaire à la justice de Californie, n'est pas résigné pour autant, même si certains commentateurs évoquent les dépenses considérables entraînées par la poursuite de ce dossier.

"Je doute que Roman Polanski se présente devant le juge américain. Je le vois plutôt reprendre ses activités de cinéaste depuis la France, où il vivait heureux avec sa famille", estime Georges Kiejman.

Les tribunaux californiens se refusant à prononcer une sentence en son absence, la seule issue pour le cinéaste serait l'annulation de la procédure ouverte en 1977. Les avocats américains de Polanski, contactés par Le Monde, n'ont pas voulu s'exprimer sur les chances de leur appel en cours. L'éditorialiste du Los Angeles Times, Steve Lopez, estime que le cinéaste s'en tire à bon compte.

Les dates-clés de l'affaire

10 mars 1977. Le cinéaste Roman Polanski, 43 ans, a une relation sexuelle avec Samantha Geimer, 13 ans, chez l'acteur Jack Nicholson, à Los Angeles (Californie).

15 avril 1977. La famille de l'adolescente dépose plainte. Six chefs d'inculpation sont retenus (viol, sodomie, perversion, fourniture de drogues...). Polanski plaide non coupable.

8 août 1977. Pour éviter un procès public, un accord amiable est conclu, et la seule accusation de détournement de mineure est retenue. Le juge exige une évaluation psychiatrique de quatre-vingt-dix jours, dans une prison, avant de prononcer la peine.

17 décembre 1977. Incarcéré à la prison de Chino, en Californie, Polanski est libéré après un mois et demi avec une expertise favorable.

31 janvier 1978. Ayant appris qu'il risquait cinquante ans de prison aux Etats-Unis, le réalisateur se réfugie à Paris. Il tourne plusieurs films et se déplace dans de nombreux pays, dont la Suisse.

24 février 1978. La justice américaine refuse de rendre un verdict en son absence.

23 août 1994. Le procureur chargé du dossier exige la présence de Polanski devant la cour. Une nouvelle législation fixe le maximum de la peine à quatre ans. Le cinéaste avait mis un terme au procès civil en donnant 225 000 dollars à sa victime.

Octobre 1997. Ses avocats américains tentent en vain de négocier son retour et de faire classer la plainte.

1er mars 2003. Samantha Geimer lui "pardonne" publiquement, mais répète qu'il y a eu viol.

23 mars 2003. Oscar du meilleur réalisateur pour Le Pianiste, il n'assiste pas à la cérémonie.

3 décembre 2008. Ses avocats américains demandent l'abandon des poursuites, affirmant disposer de preuves montrant l'iniquité de la procédure pénale.

7 mai 2009. Constatant l'absence du cinéaste, le juge Peter Espinoza refuse la requête de relaxe.

10 juillet 2009. Les avocats de Polanski font appel pour vices de procédure et atteintes aux droits constitutionnels du prévenu.

26 septembre 2009. Polanski est arrêté à Zurich, les Etats-Unis demandent son extradition. Il est incarcéré. Il refuse d'être extradé.

26 octobre 2009. La victime de Polanski réclame l'abandon des poursuites.

4 décembre 2009. Polanski est assigné à résidence dans son chalet de Gstaad, en Suisse.

21 décembre 2009. Un tribunal d'appel refuse de classer la plainte mais suggère une sentence en son absence. La justice américaine refuse l'abandon des poursuites.

22 janvier 2010. Le juge Peter Espinoza rejette la requête de jugement en son absence.

12 juillet 2010. Les autorités suisses rejettent la demande d'extradition américaine. Polanski est libre de ses mouvements.
Michel Guerrin et Claudine Mulard (à Los Angeles)
Article paru dans l'édition du 14.07.10

法國《世界報》電子報的報導:
"Polanski reste, quelque part, un fugitif"
LEMONDE.FR | 13.07.10 | 17h48 • Mis à jour le 13.07.10 | 19h08

La Suisse a refusé, lundi 12 juillet, d'extrader Roman Polanski vers les Etats-Unis. Si la justice américaine ne peut pas faire appel de cette décision, elle ne donne pas pour autant l'impression de vouloir abandonner les poursuites à l'encontre du cinéaste. "Nous sommes déçus, a réagi lundi le porte-parole du département d'Etat. Nous continuerons à chercher justice dans cette affaire et nous allons étudier nos possibilités."

Roman Polanski est libre mais il n'est pas blanchi. Il peut être à nouveau arrêté et extradé : le mandat d'arrêt international lancé à son encontre par Interpol à la demande des Etats-Unis en 2005 court toujours. Seuls les Américains peuvent en demander le retrait. "S'il se rend en Allemagne, en Angleterre ou dans n'importe quel pays lié avec les Etats-Unis par une convention d'extradition, il prend le risque d'être arrêté", explique Me Bernard Schaming, avocat au barreau de Paris. Une convention d'extradition est en effet un accord entre un ou plusieurs pays engageant les signataires à appliquer les mandats d'arrêts internationaux. "Il reste, quelque part, un fugitif", résume l'avocat.

LE CINÉASTE EST PROTÉGÉ EN FRANCE

S'il est à nouveau arrêté, il n'est pas sûr que le réalisateur échappe une deuxième fois à une procédure d'extradition. Mais le risque est moins grand que celui d'affronter la justice américaine. "Polanski sait que s'il se présente face à la justice aux Etats-Unis, il a de fortes chances de se retrouver en prison, présume Me Bernard Schaming. Il pr

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真是很巧,周星星我剛好看過蜜雅˙韓森─羅夫的首部作《全都可以原諒》(Tout est pardonné, 2007)跟她的第二部劇情長片《我孩子們的爸爸》,我還跟片中的父女檔演員們交談過。《全都可以原諒》(Tout est pardonné, 2007)海報:

再見初戀/年輕時候的愛情》講十五歲的卡蜜伊(Camille)跟十九歲的蘇利凡(Sullivan)兩個人的愛情故事。夏天暑假要結束了,蘇利凡暫別卡蜜伊。再過幾個月,蘇利凡不再寫信給卡蜜伊。來年春天,卡蜜伊嘗試自殺,未果。又再四年過後,卡蜜伊研讀建築工程,認識了一位年長又知名的建築師羅倫茲(Lorenz),她愛上他了。他們兩人變成一對感情堅實的情侶,但很突然,卡蜜伊又在某一天巧遇往日的情人蘇利凡……


這部片的最大驚喜,就是把飾演卡蜜伊的法國女演員蘿拉˙柯黑彤(Lola CRÉTON拉上檯面。她的前途已一片被看好。

飾演蘇利凡的是一位德國男演員塞巴斯提安˙烏鄭多夫斯基(Sebastian Urzendowsky),周星星我根本沒辦法忘記他在德國片《黑色乒乓》(Pingpong, 2006)的驚人演出。

卡蜜伊的建築師男朋友羅倫茲由挪威男演員馬恩˙霍華˙布萊克(Magne Håvard Brekke)飾演,他曾經在《我孩子們的爸爸》(Le Père de mes enfants, 2009)飾演一位難搞的電影導演。

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今天九月十八號(禮拜天)在二十三點二十三分左右本部落格人氣破一百四十萬人次。
周星星我說過我已經不太在乎「部落格人氣」這件事;但是,各位要曉得,網路上總是會冒出一堆無聊份子說「既然(周星星)你說不在乎部落格人氣,又為什麼還要一直談部落格人氣?」周星星我的回答是:真是奇怪,我說我不在乎部落格人氣,難道就不能慶祝一下部落格人氣破一百四十萬人次嗎?真是大大地奇怪!我說我不在乎部落格人氣,讓本部落格人氣破一百六十萬人次的日子落在遠遠的兩年後我也能夠坦承說我也根本毫不在乎,不就具體地表現了我不在乎部落格人氣的事實嗎?反正,常常跟著周星星我的這一個部落格的網客們也一定都能夠認得出我的周星星式的尖酸:本來就是這樣,只有最無聊透頂的無聊份子才會斤斤計較我周星星的到底在不在乎「部落格人氣」這件事,卻不會把我周星星的文章拿出來討論說周星星我是否提出什麼有意思的創見。要說我周星星有什麼抱怨,我只會抱怨說有些人沒有仔細閱讀我的某些篇比較「艱深」──但對我周星星本人來說似乎沒有任何一段話會是我自己能認為的『艱深』──的文章。
台片《那些年,我們一起追的女孩》、《賽德克˙巴萊》的票房都是平常時期難以想像的數字,討論台片《那些年,我們一起追的女孩》、《賽德克˙巴萊》的部落格網誌也是如同雨後春筍在各個網路空間增生。在各個網路空間增生,也在各個平面媒體增生,冒出一堆突然想要討論台片、台灣電影的作者。但是,到底會有哪些討論《那些年,我們一起追的女孩》、《賽德克˙巴萊》的部落格網誌或文章能夠再傳世十年?畢竟,終究只有討論到問題核心──台灣電影的問題核心、台灣電影的歷史本體論──的言說(discours)才會繼續存活下來。
今年(二○一一年)正值《瘋狂頌》(Éloge de la folie, 1511)五百週年跟《古典時代瘋狂史》(Histoire de la folie à l'âge classique, 1961)五十週年,周星星我正在準備《瘋狂頌》五百週年的相關文獻──但周星星我早已預期不會有人在乎──,周星星我也已經準備好《古典時代瘋狂史的相關文獻或延伸的評論……
周星星我有太多的事情想做……或太多的書想閱讀──例如《古典時代瘋狂史》……但很可惜沒有太多的文章想要翻譯!!──,所以周星星我將暫別一大段時間。請繼續參考〈瘋狂只會在社會中存在〉。
其實,周星星我說的最後一句話已經近乎是周星星我要斷格求知──意近斷尾求生──了。我只能跟大家預告說我要專心研究寫《奉俊昊的「不起訴」》這一本書──是『書』、不是部落格網誌──,也要專心經營「島鄉影評社」──成員包括周星星我本人以及台灣電影研究能人肥內(周星星我不喜歡『達人』這一詞,然後再尊稱他為『能人』)跟……(暫不透露)──,專心經營「島鄉影評社」主編的刊物(或稱雜誌、或稱會刊)。簡言之,周星星我會再回來……但周星星我應先講:後會有期了!

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一九七一年──四十年前、也算是四十週年──米歇˙傅柯跟美國語言學家諾姆˙喬姆斯基上荷蘭電視對談,剛好也就是《古典時代瘋狂史》出版過後十年,此時的米歇˙傅柯已經非常有名,他也已經進入法蘭西學苑(
Collège de France)當哲學講座教授。(原發表日期:二○一一年九月十八號)

請見關於 Stultifera navis 的探討────
請見《古典時代瘋狂史》的成書經過────
Stultifera navis : résumé 1-2    http://blog.yam.com/jostar2/article/30011009
Stultifera navis : résumé 3        http://blog.yam.com/jostar2/article/30011106
Stultifera navis : résumé 4        

http://blog.yam.com/jostar2/article/30011107
Stultifera navis : résumé 5-6    http://blog.yam.com/jostar2/article/36664446
Stultifera navis : résumé 7        http://blog.yam.com/jostar2/article/36664757
Stultifera navis : résumé 8        http://blog.yam.com/jostar2/article/36664878
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江國慶案
含冤十五年  江國慶無罪定讞  可獲賠近九千三百萬元
2011-09-14 中國時報 【吳明杰、王正寧/台北報導】

遭刑求逼供、判死刑槍決的前空軍士兵江國慶,在含冤十五年後終獲軍法平反。國防部北部地方軍事法院昨天再審判決江國慶無罪,也由於江國慶已死,全案已經定讞不得再上訴。軍方同時將協助家屬辦理刑事補償,預估江家最多可獲賠九二八二萬元,軍方將按規定於三個月內將補償金送交江母,成為《冤獄賠償法》修正為《刑事補償法》後的補償首例。
總統府發言人范姜泰基表示,馬英九總統期許台灣社會繼續提高偵查與審判品質以保障人權,杜絕任何形式非法取供,以避免類似事件重演。
對於江國慶在民國八十五年間遭到反情報隊柯仲慶等人非法逼供,軍法官在判決書中痛批此舉,正是「淫刑以逞,誰則無罪」的寫照,因空軍反情報隊所涉利用不正方法而取得的被告自白,對後續衍生的證據採認和鑑證影響實在非常巨大。
審判長在宣讀判決時還以「惜哉」形容江國慶,指他當年因未通過調查局測謊鑑定,才會優先被鎖定為重要涉案對象;判決書最後還引用西漢劉向所著的《新序》書中「決獄折中,不誣無罪」一詞,指軍法判決獄訟必須公允,不得濫殺無辜,江國慶無罪必須讓社會皆知,以昭公允。
軍事法院昨天上午判決江國慶無罪定讞後,國防部下午由空軍作戰部主任虞思祖帶領軍法官員,前往江國慶家中上香致意,並向江母王彩蓮說明後續刑事補償所需的三個月程序。王彩蓮則向軍方強調,她現在最在意的,是國防部必須對陳肇敏等高官當年對江不當刑求的責任要有所交代。
至於前空軍作戰司令陳肇敏等多名軍官涉及江國慶冤死案遭不起訴處分,軍法官員說,經江母聲請再議,在高檢署准予發回北檢後,軍高檢已配合北檢續行偵查,包括陳肇敏在內多名涉案已退伍軍官,由北檢再度約談;軍檢方面則已約談過現役涉案上尉保防官何祖耀續行偵查。
 

江國慶母:陳肇敏沒事  哪算公道
2011-09-14 中國時報 【林郁平/台北報導】

「陳肇敏若沒代誌,獲判無罪、賠償也沒意義!」遭錯殺的前空軍士兵江國慶,昨天被軍事法庭宣判無罪,江母王彩蓮將判決書拿到愛子的牌位前,上香告訴他十五年的冤屈終於洗刷。但王彩蓮認為當初涉嫌刑求、草率辦案的陳肇敏等軍官至今無事,不算討回公道;至於後續的冤獄賠償申請,將交由律師處理。
王彩蓮前晚得知江國慶案隔日將宣判,整夜激動,難過地睡不著覺。昨天下午,空軍作戰指揮部政戰主任虞思祖少將與軍法司審判事務處副處長沈世偉,將判決書送到江宅,與王彩蓮一同向江國慶的牌位上香,王仍忍不住激動落淚說:「這是遲來的正義!孩子,你被判無罪,終於洗刷冤屈了!」
虞思祖等人向王彩蓮表示,軍方將全力協助她提出冤獄賠償,並提供申請範例,她的膝蓋舊疾若有不適,軍方也會安排到三軍總醫院就醫,希望能盡力照顧王彩蓮。
王彩蓮哽咽地表示,十五年來自己備受煎熬,心不斷地在滴血,壓力極大,常常在深夜裡流乾了眼淚,必須靠鎮定劑才能入眠。如今終於還江國慶清白,她內心五味雜陳、悲喜交錯,認為該說的都已經說了,對賠償也從未想那麼多。
但她認為,陳肇敏、柯仲慶等人要承認當年刑求、羅織江國慶於罪,昨天的判決才有意義。尤其陳肇敏必須負責、道歉,才算討回公道。王彩蓮氣憤地出示一張指南宮上月底寄來的秋季超渡法會回函,收件人屬名陳肇敏,「若自認沒做錯,幹嘛替江國慶超渡,還故意要讓我知道,根本是作秀!」
王彩蓮表示,今天將委請姪女將判決書帶到桃園大溪江國慶的塔位,告訴他已沉冤得雪。至於後續的冤獄賠償事宜,王彩蓮淡淡地表示,再多賠償也喚不回愛子生命,所以並沒想太多,已全權交由律師處理,並打算未來將以信託的方式,請律師代為管理。
 

陳肇敏等七軍官  北檢追查
2011-09-14 中國時報 【蕭博文/台北報導】

前空軍士兵江國慶遭刑求逼供錯殺,昨獲北部軍事法院再審宣判無罪。民間司改會隨即發表聲明,呼籲儘速賠償並要求台北地檢署追查陳肇敏等人相關刑責。依刑事補償法規定,江家可望獲得九千兩百八十二萬元補償,最快可在年底前受償並寫下最高賠償金紀錄;北檢也表示,已積極查辦陳肇敏等人涉案情節。
司改會指出,高檢署七月間將陳肇敏等涉及刑求江國慶軍官,發回北檢續行偵查有無涉犯殺人、濫權追訴致死或私行拘禁致死罪,如今江國慶已獲判無罪,北檢也應加快腳步,給社會清楚明確交代,並希望相關賠償程序儘速依法進行。
北檢表示,高檢署將陳肇敏等七名軍官涉案部分發回續行偵查,承辦檢察官已傳喚多名證人釐清案情,未來仍將積極偵辦;特偵組則回應,一切尊重北檢依法辦理。
依據九月一日施行的刑事補償法規定,江家可就江國慶遭羈押及執行死刑兩部分求償;羈押部份,依法規定每羈押一日可獲償三千至五千元,江國慶生前遭羈押三百一十四天,最多可獲償一百五十七萬元。
死刑撫慰金部份,江國慶遭槍決時年僅廿一歲,當年度國人平均餘命為七十一歲,兩者相差五十歲,依法以五千元折算一日撫慰金,江家可獲償九千一百廿五萬元,與羈押補償金總合最多可達九千兩百八十二萬元。
依刑事補償法規定,江家可在江國慶獲判無罪確定兩年內請求補償,北部軍事法院必須在三個月內決定,並將決定書送達檢察總長審閱,若檢察總長對補償金額無意見,江家即可向北部軍事法院要求支付補償金,北部軍事法院十五日內就得支付。一般預料,如果作業順利,江家可望在年底前即收到補償金。
 

反情報隊淫刑  審判長痛批
2011-09-14 中國時報 【吳明杰/台北報導】

國防部北部軍事法院在針對江國慶案的無罪判決中痛批,空軍反情報隊在民國八十五年間,以逼迫江國慶觀看謝姓女童解剖錄影帶,再以眼罩矇眼、運用聲光、音效等現場環境布置等非法取供方式,對江國慶進行威嚇和疲勞偵訊,完全是「淫刑以逞,誰則無罪」的寫照。
審判長在判決中指出,原空作部司令陳肇敏違反當時軍事審判法的相關規定,指示不具軍法警察(官)身分的空軍反情報隊柯仲慶、鄧震環、何祖耀、李書強、李植仁(已歿)等人,於八十五年九至十月間,直接參與代號「○九一二」的謝姓女童姦殺命案偵辦。
期間柯仲慶共同基於威嚇等犯意,先對被告江國慶施以禁閉處分,禁閉期間以觀看謝姓女童解剖錄影帶等方式,再營造偵訊現場肅殺氣氛,加之以強光照射、分組輪審的疲勞詢問方式,同時配合「因果報應」造成心理壓力等不正方法,最後才取得江國慶供述。
審判長表示,衡情江國慶當時身分上兵才年僅二十一歲,智慮尚欠成熟,被要求觀看死者血腥解剖畫面,復於夜間疲勞,並且長時間處於壓迫性的地點及情境,就寢時間內非但無法就寢,仍受到來自總部高階軍官夜間輪番詢問,並將被告留置該處直至凌晨五點多,其身心健康狀態均已疲累不堪,最後才被迫自白並完成筆錄製作及自白書。
姑且不論這些不當刑求是何人所為,或是否另持電擊棒放電恐嚇,也暫時不問這些人員是否出於長官指示破案要求,或僅在強使江國慶儘快認罪,這些都已無礙認定該自白非出於江國慶的「任意性」。
 

江國慶案  綠營籲追陳肇敏責任
2011-09-14 新聞速報 【中央社】

民主進步黨立法院黨團幹事長蔡煌瑯今天表示,前空軍士兵江國慶獲判無罪是遲來的正義,但不是正義,後續追究涉及刑求的相關軍官法律責任,才是真正符合公道與正義。
江國慶十五年前因女童姦殺案遭錯殺,北部地方軍事法院昨天宣判江國慶無罪。國防部表示,江國慶案宣判後即告確定,將全力協助江家辦理刑事補償事宜。
蔡煌瑯與民進黨立法院黨團書記長翁金珠上午召開記者會。蔡煌瑯說,對於江國慶獲判無罪深感欣慰,這是遲來的正義,但不是正義,因為在涉及刑求的軍官沒有被繩之以法前,真正的公道正義還沒有來。
蔡煌瑯呼籲台北地檢署,應該追訴時任空軍作戰司令的陳肇敏與涉及刑求軍官的責任,立即起訴相關軍官、扣押財產與限制出境,才符合真正的公道正義。
翁金珠說,涉及刑求的軍官涉犯刑法第一二五條的濫權追訴罪,相關的追訴期限還沒有過,希望檢調單位應該立即追究陳肇敏等相關軍官的責任。1000914
 

江國慶再審無罪  冤賠估 9282
【聯合報╱記者程嘉文/台北報導】

十五年前的空軍作戰司令部女童命案,國防部北部地方軍事法院再審後,昨天上午宣判,以證據不足改判被槍斃的被告江國慶無罪,等於承認江國慶遭冤殺。
依刑事補償法(原冤獄賠償法),江國慶的賠償金,初估將達九一二五萬元,加上槍決前遭羈押三百一十四天,如果判決每天五千元,則應賠償一五七萬元,合計江家可獲九二八二萬元賠償。
依據軍事審判法,江國慶無罪判決已告確定,不能再上訴。總統府在宣判後表示,將致力繼續提高偵查與審判品質,杜絕任何非法取供,以維護人權,避免類似事件重演。
北部地方軍事法院指出,重審後認定,當初江國慶的自白不具「任意性」與「真實性」;疑似沾有女童血跡的衛生紙及疑似作案用凶刀等重要物證,依當前科學鑑定方法,也無法作為不利被告的補強證據,因查無其他不利於被告的犯罪事實,本於刑法「無罪推定」原則,諭知無罪。
國防部表示,未來將全力協助家屬辦理刑事補償,並深切記取教訓,不容許再肇生類似無法彌補的憾事;國防部也指出,軍法審判已由當年附屬於各部隊之下,改為獨立的地區軍事法院制,並採三級三審制,當事人得向司法機關提起第三審上訴,軍法判決也須接受司法終審檢驗。
軍法司副處長沈世偉說,北部地區軍事法院將負責處理江國慶的冤獄賠償事宜,依現行冤獄賠償法,死刑賠償為每日五千元、沒有上限,法院將依當時國民平均壽命計算江國慶餘命,若以當時平均壽命七十一歲、江國慶被槍決時廿一歲計算,初估可獲賠九一二五萬元。
另外,江國慶在槍決前遭羈押三百一十四天,依法每日可聲請三千至五千元賠償,如果判決每天五千元,則應賠償一五七萬元。沈世偉說,已向江母說明。
至於當初涉及刑求取供的軍官是否已無刑責?沈世偉說,先前雖不起訴,但目前處再議階段;唯一還在軍中服務的何祖耀,應由軍法機關審理,由於其他軍官已經退伍,將由司法機關負責。
2011/09/14 聯合報】
 

拿判決書上香  江母泣:正義來得好晚
【聯合報╱記者孟祥傑/台北報導】

軍事法庭昨天判決江國慶無罪,江母王彩蓮激動落淚,拿著判決書在愛子牌位前上香說:「孩子,你被判無罪,終於洗刷冤屈了!」
國防部軍法司審判事務處副處長沈世偉、空軍作戰指揮部政戰部主任虞思祖,昨天下午帶著判決書抵達江家,將判決書交給江母王彩蓮,王彩蓮喃喃地說:「這分正義真的來得好晚!」
對於江母希望陳肇敏等人被判有罪,沈世偉表示,雖然陳肇敏等人遭特偵組不起訴處分,但高檢署已在七月發回台北地檢署再議,軍方一定會配合江母與義務律師要求,提供協助。他們並允諾協助江母王彩蓮爭取冤獄賠償金。
對於近億元的冤獄賠償金,王彩蓮說,再多的錢也換不回江國慶的生命,更無法補償她這十五年來的椎心之痛,「如果當年軍方沒有刑求逼供,根本不需要讓全民埋單來付這筆錢!」
王彩蓮說,昨天上午接到律師黃達元的電話,告知江國慶獲判無罪後,心情很複雜,高興的是孩子獲得平反,難過的是孩子已經不在人世,不可能再回到她身邊了。
「這個孩子從小就很乖,卻被屈打成招後槍決,我真不知道社會還有沒公理!」王彩蓮表示,為了替國慶申冤,她十五年來都無法好好入睡,得吃鎮靜劑或安眠藥,但總是會夢到孩子向她哭訴。
「我現在最大的心願,就是當年犯錯的人,要得到應有的懲罰!」王彩蓮說,案發當年擔任空軍作戰司令的國防前部長陳肇敏,以及空軍總司令部前反情報隊參謀官柯仲慶等人,以不當刑求、判決造成愛子冤死,特偵組卻以全案追訴期已過而予以不起訴,讓她無法接受。
她說,律師與軍方告知,陳肇敏等人已遭高檢署發回再議,但他們到現在都還不承認自己有錯,也不願到愛子墳前認錯道歉,她希望司法判決他們有罪,才能讓兒子安息,否則犯罪人繼續逍遙法外,「沒有意義!」
2011/09/14 聯合報】
 

民間司改會:「反省誰殺江國慶」
【聯合報╱記者蘇位榮、李順德/台北報導】

北部地方軍事法院判決江國慶無罪確定,民間司改會肯定軍方終於還江國慶清白,呼籲台北地檢署應儘速調查當時的空軍作戰司令陳肇敏及相關偵辦人員,是否涉及濫權追訴等罪。
監察委員馬以工也表示,這只是給江國慶及家人的最低正義,江案的審判過程是否刻意縱放士兵許榮洲?監察院已經另立新案,持續調查。
司改會執行長林峰正指出,今年七月,台灣高檢署將涉及刑求江國慶的軍官發回北檢續行偵查,是否觸犯殺人、濫權追訴致死或私行拘禁致死罪;如罪名成立,仍未逾廿年追訴時效。檢方應加快腳步,給社會清楚明確的交代。
林峰正表示,江國慶是因軍方急於破案,成為代罪羔羊;那些參與刑求、偵審的人,應該負起法律責任。台灣社會也應冷靜反省,到底是誰殺了江國慶?徹底檢討改進;否則無辜的人被判有罪,甚至遭槍決,還是會繼續上演。
2011/09/14 聯合報】
 

判決書直指  陳肇敏違法
【聯合報╱記者程嘉文、楊德宜、呂開端/連線報導】

國防部北部地方軍事法院作出判決,確定江國慶涉嫌姦殺女童案無罪。判決書明指當時空軍作戰司令陳肇敏,違反當時軍事審判法規定,指派不具軍法警察身分之反情報隊人員介入偵辦,並利用聲光、音效、觀看女童解剖錄影帶等方式,製造肅殺氣氛恐嚇被告。致使被告在身心疲憊不堪情況下,作出不利自己之自白。
判決書說,基於「決獄折中,不誣無罪」的原則,在缺乏足夠效力證據情況下,應判決江國慶無罪;對江國慶因未通過測謊,因而遭到辦案人員以連串不正當手法取得認罪自白,法官感慨江國慶際遇「惜哉」;也指斥本案取供手段,正是「淫刑以逞,誰則無罪」的寫照。
法界指出,最高法院今年裁定江國慶案再審,因江已死亡,依刑事訴訟法規定,被告死亡應予免訴判決,但因牽涉到刑事補償(原冤獄賠償法),必須無罪判決確定才能請求賠償,最高法院啟動平反程序,由軍事法院判江無罪確定。
判決書中出現「惜哉」、「淫刑以逞,誰則無罪」、「決獄折中,不誣無罪」字句;委任律師黃達元說,當年江國慶遭刑求逼供,承審法官都為江國慶惋惜。
北部地方軍事法院昨天上午九時宣判,民間司法改革基金會義務律師團黃達元、尤伯祥、黃虹霞代表江母王彩蓮到場聆聽判決。北部地方軍事法院發言人蕭明雄說,因被告江國慶已死亡,本案不得上訴。
黃達元表示,宣判時,審判長長嘆一口氣,才宣讀判決理由,黃說,「無罪與原本預期相符,但公道來得太遲了。」
2011/09/14 聯合報】
 

李天羽:「期盼江母能寬恕」
【聯合報╱記者程嘉文/台北報導】

遭槍決的空軍士兵江國慶昨天被軍事法庭確認無罪,判決書直指國防部前部長、當時擔任空軍作戰司令的陳肇敏,違法派遣非軍法警察身分人員辦案,導致強行取供,但陳肇敏家中電話昨天並無人接聽。
當時擔任空總政戰部主任的前國防部長李天羽表示,對於發生這樣的事情很難過,希望江國慶的母親能節哀,也希望她能寬恕當年辦案的同仁。
李天羽說,當時沒有深入了解案情,如今回顧辦案經過,的確可以看到莽撞與粗糙之處;但他相信當時承辦的軍官都是嫉惡如仇,結果不幸辦錯了人。
2011/09/14 聯合報】
 

李天羽盼寬恕  江母:不可能
【中央社╱台北十三日電】

前空軍士兵江國慶獲判無罪,江案發生時任空軍總司令部政戰主任的前國防部長李天羽今天說,司法還給江國慶公正判決,對於江母喪子之痛感同身受,盼江母能寬恕,諒解相關人員。
江國慶的母親王彩蓮晚間獲悉李天羽的說法後表示,「我不可能原諒陳肇敏等人,要我怎麼原諒?」王彩蓮認為,相關辦案人員涉嫌不當取供,若陳肇敏等九名軍官最終沒有刑責,「那一切就沒有意義了」。
國防部北部地方軍事法院對江國慶案再審後,上午判決江國慶無罪。李天羽接受中央社記者採訪時表示,司法還給江國慶公正判決,他能體會江母的喪子之痛。
對於江國慶案被控涉及不當取供,李天羽說,當時沒有更進一步去深入瞭解,加上相關人員的工作經驗不足,導致處理過程中過於莽撞與粗糙。

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第十一週(09.05-09.11):28 萬,比前一週下跌 40 %。
第十二週(09.12-09.18):25 萬,比前一週下跌 10 %。
第十三週(09.19-09.22):62,450 元
《變形金剛三》大台北票房的累積是 32,580 萬。
《變形金剛三》於六月二十八號(禮拜二)開始上映,所以此處計算《變形金剛三》大台北票房的方式更改為:從禮拜一計算到禮拜天週末結束──除第一週是從六月二十八號(禮拜二)計算到七月三號(禮拜天)之外──;該片在七月二號(禮拜六)當天破億:一億零五百二十二萬。
第一天(2011.06.28):963 萬
第二天(2011.06.29):2,173 萬
第三天(2011.06.30):2,145 萬
第四天(2011.07.01):2,258 萬
第五天(2011.07.02):2,982 萬……破一億
第六天(2011.07.03):2,600 萬
第七天(2011.07.04):1,290 萬
第八天(2011.07.05):1,148 萬
第九天(2011.07.06):1,062 萬
第十天(2011.07.07):927 萬
第十一天(2011.07.08):1,185 萬
第十二天(2011.07.09):1,983 萬……破兩億
第十三天(2011.07.10):1,662 萬
第十四天(2011.07.11):695 萬
第十五天(2011.07.12):633 萬
第十六天(2011.07.13):589 萬
第十七天(2011.07.14):452 萬
第十八天(2011.07.15):504 萬
第十九天(2011.07.16):937 萬
第二十天(2011.07.17):851 萬
第二十一天(2011.07.18):335 萬
第二十二天(2011.07.19):283 萬
第二十三天(2011.07.20):271 萬
第二十四天(2011.07.21):249 萬
第二十五天(2011.07.22):316 萬
第二十六天(2011.07.23):600 萬
第二十七天(2011.07.24):523 萬
第二十八天(2011.07.25):156 萬
第二十九天(2011.07.26):150 萬
第第三十天(2011.07.27):150 萬……破三億
第三十一天(2011.07.28):125 萬
第三十二天(2011.07.29):192 萬
第三十三天(2011.07.30):323 萬
第三十四天(2011.07.31):293 萬
資料來源:開眼電影網

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Commotion, le projet d'un Internet hors de tout contrôle
Le Monde | 30.08.11 | 17h28 • Mis à jour le 30.08.11 | 18h44

Un immeuble confortable et anonyme, au cœur de Washington, à quelques rues de la Maison Blanche. Dans une enfilade de bureaux au fond du 5e étage, une vingtaine de jeunes gens, surtout des garçons, travaillent discrètement, dans une ambiance à la fois studieuse et décontractée. Cette petite équipe, composée d'informaticiens, de juristes et de sociologues, est en train de réaliser l'utopie suprême des hackers et des militants libertaires du monde entier : un logiciel permettant la création de réseaux sans fil à haut débit 100 % autonomes, qui fonctionneront sur les fréquences Wi-Fi, sans s'appuyer sur aucune infrastructure existante – ni relais téléphonique, ni câble, ni satellite. Ils seront mouvants, horizontaux, entièrement décentralisés et échapperont à toute surveillance, car le trafic sera anonyme et crypté.

Ce projet ambitieux – nom de code Commotion– est dirigé par Sascha Meinrath, 37 ans, militant de longue date de l'Internet libre et précurseur des réseaux citoyens – au sein du collectif de journalistes en ligne Indymedia, puis à l'université d'Urbana-Champaign (Illinois), un des berceaux du logiciel libre, et dans diverses start-up et ONG d'action sociale : "J'ai bricolé mon premier réseau autonome il y a dix ans. Les antennes étaient faites avec des boîtes de conserves." Depuis ces temps héroïques, Sascha Meinrath a fait du chemin. Dans sa version actuelle, Commotion est un projet très officiel. Il est hébergé et financé par l'Open Technology Initiative (OTI), département high-tech de la New America Foundation, organisme prestigieux consacré à l'étude des grands problèmes de la société américaine, et présidé par Eric Schmidt, l'un des patrons de Google.

Grâce à cette tutelle, Sascha Meinrath dispose d'un budget annuel de 2,3 millions de dollars (1,6 million d'euros), auxquels est venue s'ajouter une subvention exceptionnelle de 2 millions, octroyée par le département d'Etat. En effet, les diplomates américains s'intéressent de près à la technologie des réseaux sans fil autonomes, légers et faciles à installer. Ils espèrent les déployer bientôt sur le terrain dans diverses situations d'urgence : dans des zones dévastées par une guerre ou une catastrophe naturelle ; dans les régions les plus déshéritées de la planète, où les populations sont privées de moyens de communication modernes ; et, enfin, comme "outil de contournement" dans des pays dictatoriaux, pour aider les dissidents politiques à communiquer entre eux et avec le reste du monde, en déjouant la surveillance policière et la censure. "Fin 2010, se souvient Sascha Meinrath, j'ai appris un peu par hasard que le département d'Etat avait décidé d'aider ce type de recherches. Nous avons déposé un dossier, en concurrence avec d'autres organisations, et nous avons été choisis. Les autres projets s'appuyaient en partie sur les infrastructures existantes, alors que Commotion les court-circuite entièrement."

"LE SEUL OUTIL À APPORTER SUR LE TERRAIN, C'EST UNE CLÉ USB"

La subvention fédérale n'a pas suffi à transformer l'équipe de Commotion en fonctionnaires. Josh King, 28 ans, le responsable technique, a gardé son look très rebelle – vêtu de noir de la tête aux pieds, avec chaîne, piercing et cheveux en bataille... Son bureau est encombré d'appareils de toutes sortes, sur lesquels il fait des tests approfondis, car Commotion doit pouvoir fonctionner avec un assemblage hétéroclite. Ses logiciels transforment un routeur Wi-Fi ordinaire, un simple PC ou un smartphone en relais intelligents, capables de connaître en temps réel la configuration du réseau, et de trier les données pour les envoyer vers leurs destinataires, ou vers un autre relais, plus proche du but. Par ailleurs, Commotion peut être facilement raccordé au reste du monde : il suffit qu'un seul des appareils soit connecté à Internet pour que tous les autres profitent de l'accès. "En fait, résume Josh King, le seul outil indispensable à apporter sur le terrain, c'est une clé USB contenant les logiciels, qui doivent être installés sur chacun des appareils appelés à faire partie du réseau." Depuis le printemps 2011, OTI propose des éléments de Commotion en téléchargement libre sur Internet. Une version de travail complète sera disponible en septembre, afin que des experts de tous les pays puissent l'étudier et faire des suggestions. Sascha Meinrath ne sait pas exactement qui télécharge quoi, car il ne garde aucune trace des internautes venant sur le site : "Si nous conservions une liste de nos visiteurs, nos serveurs pourraient être piratés par différents gouvernements – y compris le nôtre."

Récemment, OTI a reçu des messages de militants du "printemps arabe", vivant en Egypte, en Syrie, en Libye, à Bahreïn et au Yémen : "Ils veulent se procurer Commotion, mais nous essayons de les dissuader. C'est trop tôt, il n'est pas sécurisé, ce serait risqué de s'en servir contre un régime répressif. Cela dit, si ça se trouve, des groupes clandestins utilisent déjà des versions provisoires, sans nous le dire. Certains interlocuteurs sont peut-être des agents au service des dictatures, mais peu importe, nous montrons la même chose à tout le monde."

Sascha Meinrath se donne jusqu'à fin 2012 pour produire une version utilisable par le grand public. Pour aller plus vite, OTI s'approprie des systèmes mis au point par d'autres équipes. Pour la sécurisation, Commotion va intégrer les programmes du projet TOR (The Onion Router), inventé par une bande d'hackers allemands et américains pour circuler sur Internet en évitant d'être repéré. TOR a notamment été utilisé pour protéger les communications du site WikiLeaks –qui a divulgué en 2010 des masses de documents secrets appartenant au gouvernement des Etats-Unis. L'un des créateurs de TOR, l'Américain Jacob Appelbaum, fut un temps très proche de l'équipe de WikiLeaks. A deux reprises, en 2010, il a été arrêté par la police américaine, qui l'a interrogé sur ses activités au sein de WikiLeaks et a saisi ses téléphones et ses ordinateurs. Or, Jacob Appelbaum est aussi un ami personnel de Sascha Meinrath, qui fait appel à lui comme conseiller pour la mise au point de Commotion.

Pour expliquer cette situation paradoxale, Sascha Meinrath évoque la "schizophrénie" du gouvernement fédéral : "Parmi les responsables de Washington, il y a encore des gens formés pendant la guerre froide, qui rêvent de tout bloquer et de tout surveiller, mais il y a aussi des jeunes arrivés avec Obama, qui sont partisans de la transparence et de la liberté d'expression. En privé, de nombreux fonctionnaires du département d'Etat étaient en colère de voir leur hiérarchie critiquer WikiLeaks aussi violemment. Selon eux, l'affaire aurait pu être l'occasion de montrer au monde que les Etats-Unis savent défendre la liberté d'expression et la transparence, en toutes circonstances."

A présent, Jacob Appelbaum participe à un vaste projet baptisé Freedom Box – un ordinateur basique et bon marché transformé en serveur crypté et sécurisé pour le grand public. Sascha Meinrath envisage d'intégrer Freedom Box au réseau Commotion, notamment pour bénéficier d'une fonction dite de "connexion différée" : "Par exemple, lors d'une manifestation réprimée par la police, un manifestant prend une photo avec un smartphone connecté à Commotion. Internet a été coupé ce jour-là dans le quartier par les autorités, la photo ne peut pas sortir du pays, mais grâce à Commotion, elle est stockée à l'abri, sur une freedoom box locale. Puis, dès qu'Internet est rétabli, la box envoie automatiquement la photo dans le monde entier."

LES ENTREPRISES DE TÉLÉCOMS, ENNEMIS POTENTIELS

OTI songe à intégrer d'autres appareils expérimentaux, qui permettront aux utilisateurs de partager des masses de fichiers lourds, de faire transiter sur Commotion des appels téléphoniques passés avec des mobiles ordinaires, de transmettre des données dans toutes les gammes de fréquences, et même d'interconnecter plusieurs réseaux voisins : "En juillet, raconte Sascha Meinrath, une équipe d'hackers en camionnette a monté un réseau éphémère, couvrant une zone de 60 km sur 30, à cheval sur l'Autriche, la Croatie et la Slovénie. C'est la preuve qu'on peut fournir une connexion Internet à toute une zone frontalière, sans être physiquement présent dans le pays." Commotion n'est pas prêt pour un déploiement dans les zones à risque, mais il peut déjà être testé aux Etats-Unis – par exemple, dans les quartiers pauvres des grandes villes, dont les habitants ne peuvent pas se payer d'abonnement Internet classique. A Washington, à Detroit, et dans une réserve indienne californienne, l'OTI est entré en contact avec des associations de quartiers et des groupes militants qui avaient entrepris de créer des réseaux sans fil sauvages, pour offrir aux habitants des accès Internet gratuits. Grâce à son expertise et à son carnet d'adresses, l'équipe d'OTI a fourni à ces amateurs une aide technique et financière décisive.

Cette fois, les ennemis potentiels sont les entreprises de télécoms, qui pourraient faire pression sur les autorités, pour qu'elles tuent ces initiatives citoyennes à coups de lois et de restrictions bureaucratiques. Sascha Meinrath est conscient de la menace : "Notre technologie va bousculer pas mal de choses, y compris aux Etats-Unis. Si les gens se mettent à construire leurs propres réseaux, le business model des groupes de télécoms va s'effondrer. Il faut s'attendre à ce qu'ils contre-attaquent brutalement." Commotion devra aussi affronter l'hostilité des majors d'Hollywood, car il peut faciliter le piratage des œuvres sous copyright. Sascha Meinrath est à la fois fataliste et optimiste : "Que ce soit aux Etats-Unis, au Moyen-Orient ou ailleurs, qui va mettre en place ces réseaux alternatifs ? Pas des vieux, on le sait. Ce sont les ados qui vont s'en emparer. Ils s'en serviront pour contester l'ordre établi et aussi pour partager leur musique et leurs films. Ce sera peut-être négatif pour les détenteurs de droits, mais le bilan global sera très positif."
Yves Eudes
Article paru dans l'édition du 31.08.11

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Qui contrôle Internet ?LEMONDE.FR | 01.09.11 | 19h46 • Mis à jour le 01.09.11 | 20h12
Après la publication de notre article consacré au projet Commotion, qui permet de créer des réseaux informatiques non censurés et faciles à déployer dans des pays dictatoriaux, de nombreux lecteurs nous ont interpellés pour savoir qui contrôle aujourd'hui Internet. En raison de sa nature décentralisée, Internet n'est pas "contrôlé" par un unique organisme, état, ou entreprise. Contrairement à une idée répandue, le réseau n'est pas non plus une "jungle" totalement libre : à tous les échelons, de nombreux organismes exercent ou peuvent exercer un contrôle ou une censure sur les informations qui y circulent.

AU NIVEAU MONDIAL

Les stuctures les plus fondamentales d'Internet sont sous le contrôle de l'Icann, l'Internet corporation for assigned names and numbers. Cet organisme a un statut particulier, puisqu'il s'agit d'une société à but non lucratif, soumise au droit californien. Composé de nombreuses commissions, qui gèrent des problématiques structurelles, l'Icann encadre notamment les noms de domaine ou le fonctionnement des adresses IP (Internet Protocol, les "adresses" de machines et de sites sur le réseau).

La gouvernance de cet organisme stratégique fait l'objet de nombreux débats : plusieurs pays lui reprochent notamment la sur-représentation des Américains dans les différentes commissions. L'Europe et la Chine, notamment, demandent depuis plusieurs années une plus grande ouverture dans la gestion de la fonction Iana, la "racine" d'Internet, qui gère par exemple les noms de domaine en .com. Le pouvoir de l'Icann est fondamental, puisque l'organisation peut suspendre des noms de domaines entiers, comme elle l'avait fait pour le .iq irakien ou pour le domaine afghan.

Pour le bon fonctionnement du réseau, un organisme distinct de l'Icann est également chargé de fixer les normes techniques des technologies les plus courantes sur Internet, comme le langage HTML : le World Wide Web Consortium (W3C). Sa gestion est assurée conjointement par des experts américains, européens et japonais.

AU NIVEAU NATIONAL

S'il est décentralisé, le réseau reste cependant tributaire de la présence de câbles pour son bon fonctionnement : en l'absence de "tuyaux" suffisamment grands, le trafic peut être très fortement ralenti. Or, de nombreux pays sont dépendants, pour leur accès au réseau, d'un ou deux câbles sous-marins ou souterrains. En Afrique, des pays entiers voient leur accès tributaire des décisions des pays voisins ou des choix des entreprises privées.

Surtout, les pays disposent techniquement de la capacité de bloquer ou de censurer tout ou partie d'Internet. Durant les manifestations qui ont précédé la chute de Hosni Moubarak, l'Egypte a pu couper quasi-instantanément l'accès au réseau en faisant pression sur les fournisseurs d'accès à Internet (FAI). En bloquant deux protocoles d'échange d'information vitaux, le pays a été coupé du reste de la Toile en quelques heures.

Sans aller jusqu'à ces extrémités, de nombreux pays exercent aussi un contrôle très fort sur le réseau. Des contenus contraires aux lois nationales sont ainsi bloqués dans la plupart des pays autoritaires, mais aussi dans des démocraties : en France, la loi sur les jeux d'argent en ligne permet d'ordonner le filtrage des sites qui n'ont pas reçu un agrément. En Australie, un vaste projet de filtre a été repoussé à plusieurs reprises devant les difficultés techniques et politiques. Ces systèmes de filtrage ne sont en effet pas infaillibles, mais les solutions de contournement peuvent être relativement complexes à utiliser.

L'organisation de défense de la liberté d'expression Reporters sans frontières publie chaque année un classement des pays qui censurent Internet. Dix pays sont classés par RSF comme "ennemis d'Internet" en raison de la censure draconienne qu'ils exercent sur le réseau. Parmi eux, la Chine, la Birmanie et l'Iran, où les activités des internautes sont également espionnées. La Russie, le Venezuéla ou la France sont, eux, classés comme "pays sous surveillance" en raison de lois en vigueur qui permettent de filtrer des sites Web.

POUR CHAQUE ORDINATEUR

Au sein d'un même pays, plusieurs acteurs peuvent exercer un contrôle sur la manière dont les utilisateurs accèdent à Internet. Les fournisseurs d'accès disposent théoriquement d'importants pouvoirs : ils peuvent par exemple bloquer ou ralentir certains types de trafic, par exemple le téléchargement en P2P. Depuis la création du Web, une règle non-écrite, dite de "neutralité du Net", prévoit que les opérateurs ne font pas de discrimination des contenus circulant sur le réseau : quel que soit l'utilisateur ou le type de données, toutes les informations doivent théoriquement circuler à la même vitesse.

Mais les FAI, qui se plaignent d'engorgements suite au développement exponentiel du Web, souhaitent pouvoir, dans certains cas, s'affranchir de cette règle. Pour des raisons de gestion du réseau, estiment-ils, il serait par exemple souhaitable de pouvoir donner la priorité à certains "paquets" d'informations au détriment d'autres, comme les vidéos en ligne par exemple. Dans certains pays, et notamment aux Etats-Unis et au Canada, les FAI brident également la vitesse de connexion et la quantité de données téléchargeables par les internautes.

En bout de chaîne, l'internaute est également soumis au contrôle de son réseau local, s'il n'est pas directement connecté à Internet. En pratique, ce sont souvent les entreprises qui détiennent le plus de pouvoir sur la connexion d'un internaute. Il est en effet plus simple de filtrer un réseau de petite taille que de le faire à l'échelle d'un pays.Damien Leloup
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帕斯卡˙皮克(Pascal Picq)提到一些我本來不知道的事──周星星我幾乎不看科學書或科普文章──:哺乳類動物,雌性/女性基因是XX,雄性/男性基因是XY,這大家都曉得;但大家都曉得鳥類的雌性基因是ZW,雄性基因是ZZ嗎?所以,鳥類的基因構造是跟哺乳類動物相反的。
帕斯卡˙皮克說到:幸好,有一部分的人文科學是跟進化論的人類學共同合作的,尤其是談到關於性愛的問題,以及個人的性別認同的社會建構的問題。(Heureusement, une partie des sciences humaines travaille avec l'anthropologie évolutionniste, notamment autour de la sexualité et de la construction sociale de l'identité sexuelle des individus.
教育(l'éducation)跟社會表象/再現/呈現/展現(les représentations sociales)介入其中為個人建構性別認同(... l'éducation et les représentations sociales interviennent dans la construction de la sexualité...),我們稱之為「性別」(genre)的東西是跟生理的性器官不一樣的,因為「性別」既非非常嚴格的女性/陰性,也非非常嚴格的男性/陽性(... ce qu'on appelle le "genre" qui, contrairement au sexe biologique, n'est ni strictement féminin ni masculin.)。
異性戀,其實就跟同性戀一樣,既非是正常典範,也不是所謂的不正常(L'hétérosexualité comme l'homosexualité ne sont ni des normes ni des anomalies.)。
以上所說的,都算是在我們的一生裡面我們建構我們自己的性愛/性別的可能性(就像是一場遊戲)的一部分(Cela fait partie du jeu des possibles de nos sexualités au cours de nos vies.)。
Le sexe n'est pas que constructionLe Monde | 03.09.11 | 14h02 • Mis à jour le 03.09.11 | 18h17
Décidément, les sciences de la vie et de la Terre déplaisent aux conservateurs, de droite comme de gauche. Par leurs disciplines et leurs contenus, elles se trouvent en prise avec les grandes questions touchant à la modernité de nos sociétés, à la laïcité et à la sexualité, sans oublier l'avenir de l'espèce humaine, avec les problématiques de la biodiversité et du réchauffement climatique.
Au nom de mes collègues chercheurs, je salue la pertinence et le courage - en un mot le dévouement citoyen - de nos collègues de l'éducation nationale chargés des programmes, et toutes celles et tous ceux qui oeuvrent pour un enseignement de qualité en phase avec les avancées des connaissances et des questions de société.

Il y a deux ans, je m'étonnais que, dans la perspective des nouveaux programmes, les sciences de l'observation et de l'expérimentation disparaissaient des classes de 2de, alors que se profilait le sommet de Copenhague. Ce dernier n'a pas été une réussite, et on s'en est sorti un peu mieux pour les programmes.

La polémique autour des théories de l'évolution s'est considérablement apaisée depuis 2009 (année Darwin). Remarquons néanmoins que, si les prétentions scientifiques des créationnistes ne présentaient pas un réel danger en France, sa forme plus léchée - le "dessein intelligent" - continue de faire son chemin, trop de journaux et de magazines se complaisant dans l'exercice puéril du dénigrement des sciences. C'est encore plus affligeant à propos de l'évolution dite de l'homme, toujours conçue comme un schème finalisé, téléologique. Il serait temps de lire et de comprendre Claude Lévi-Strauss, Jacques Monod et Stephen Gould.

Dans l'évolution, c'est toujours l'homme qui pose problème, et les sciences humaines. La controverse est loin d'être simple, et je vais essayer d'être méthodique. D'un point de vue biologique et évolutif, les espèces les plus sexuées sont les mammifères et les oiseaux ; les espèces les plus complexes physiologiquement, éthologiquement, cognitivement et, bien sûr, dans la diversité des sexualités. (Le sexe de la plupart des reptiles se fixe en fonction de la température d'incubation et 10 % des espèces de poissons changent naturellement de sexe au cours de leur vie.)

Le sexe biologique est fortement déterminé par les chromosomes, sachant que les femelles sont XX (homogamiques) chez les mammifères et XY chez les mâles (hétérogamiques), tandis que c'est l'inverse chez les oiseaux, avec des femelles ZW et des mâles ZZ. Un très faible pourcentage d'individus naît avec différentes formes d'indéterminations sexuelles.

C'est là qu'une partie des sciences humaines pose problème. En raison d'un antibiologisme radical, elles refusent cette réalité biologique qui fait que nous sommes dans le groupe des espèces les plus déterminées biologiquement pour le sexe. C'est inepte d'un point de vue scientifique, stupide d'un point de vue philosophique et ouvert à toutes les idéologies. Par-delà le sexe (biologique), il y a la sexualité, c'est-à-dire la diversité et la plasticité des comportements qui amènent des individus à avoir des relations sexuelles. Heureusement, une partie des sciences humaines travaille avec l'anthropologie évolutionniste, notamment autour de la sexualité et de la construction sociale de l'identité sexuelle des individus.

Notre espèce se caractérise par une réceptivité sexuelle des femelles quasi permanente et un découplage entre l'acte sexuel et la reproduction, ce qu'on retrouve aussi chez les grands singes les plus proches de nous. La sexualité intervient dans les relations affectives, mais aussi dans les résolutions de conflits et dans des actes d'humiliation et de soumission. L'évolution nous a légué cette plasticité étho-cognitive et, par conséquent, l'éducation et les représentations sociales interviennent dans la construction de la sexualité, ce qu'on appelle le "genre" qui, contrairement au sexe biologique, n'est ni strictement féminin ni masculin.

L'hétérosexualité comme l'homosexualité ne sont ni des normes ni des anomalies. Cela fait partie du jeu des possibles de nos sexualités au cours de nos vies. Ce qui change, c'est le pourcentage de personnes qui choisissent ces diverses formes de sexualité, parfois pratiquées alternativement par des individus, ou changeant au cours de leur vie, le plus souvent en étant épanouis et dans l'affection partagée.

L'éthologie, l'anthropologie et la sociologie nous confirment qu'il n'y a là aucune dérive, et encore moins de dégénérescence. Combien de grands personnages de l'histoire - pour ne parler que de la société occidentale - sont connus par la diversité de leurs préférences sexuelles ? Et puis il y a la grande diversité des pratiques sexuelles, plus ou moins contrôlées, ritualisées, participant aux initiations parmi les centaines de cultures étudiées par les ethnologues. L'anthropologie culturelle a bien établi l'importance de la construction du genre, et il s'agit bien d'une théorie scientifique, comme celle de l'évolution, avec des concepts et des paradigmes confrontés aux observations, autrement dit aux faits sociaux (les travaux de Françoise Héritier).

Je m'oppose à toutes ces théories qui détournent les gender studies, avec pour seul argument imbécile d'affirmer qu'il n'y a pas de sexe biologique, et qui plient les observations faites dans la diversité des sociétés humaines et de grands singes pour dénaturer ou naturaliser - c'est selon - notre sexualité. Je comprends leurs revendications, mais elles ne sont pas du domaine des sciences. Pas plus que les créationnistes ou les conservatismes religieux, ces organisations et leurs motivations - aussi fondées soient-elles - n'ont pas leur légitimité en classe de sciences. Pour cela, il y a la politique, et j'invite tous les protagonistes à ne pas se tromper de terrain.

Rappelons que la France bénéficie d'un des enseignements les plus qualifiés autour de l'éducation sexuelle, et que, depuis plus de trente ans, ce sont toujours les mêmes qui s'y opposent pour des raisons conservatrices. Ces considérations n'ont rien à faire en classe de sciences d'une école laïque et républicaine. Par comparaison, il suffit de constater le taux ahurissant de jeunes filles mères aux Etats-Unis et les actions fascisantes contre l'avortement. Les puritanismes ne font que générer de la frustration et de la misère sexuelle et sociale.

Cet enseignement doit aussi évoluer, et pour deux raisons : premièrement, parce que nos connaissances sur le sexe, l'homme et l'évolution ont considérablement avancé et, deuxièmement, parce que nos sociétés connaissent des changements importants sur les formes de sexualité et de parenté (Maurice Godelier, Métamorphoses de la parenté, Fayard, 2004).

Il est tout à fait légitime que des élus s'intéressent aux contenus des programmes. Comme il s'agit de sciences, c'est le rôle des personnes compétentes d'en établir et d'en valider les contenus. Mais l'intervention des élus à l'encontre des connaissances scientifiques fondées sur des opinions politiques, philosophiques et/ou religieuses n'est pas légitime, même si cela devait leur déplaire en raison de leurs diverses convictions. Je comprends leurs valeurs, mais qui doivent respecter la plus grande de toutes dans nos sociétés modernes : la laïcité. En disant cela, je ne défends pas la science, mais bien la laïcité, et je suis heureux de telles controverses, qui placent l'école au coeur de nos débats citoyens.
Pascal Picq est Maître de conférences au Collège de France
Né en 1954, ce paléoanthropologue français est l'auteur de nombreux ouvrages et articles scientifiques tournant autour de la question "Qu'est-ce que l'humain ?".
Parmi ses derniers ouvrages : "Il était une fois la paléoanthropologie" (Odile Jacob, 2010).

帕斯卡˙皮克(
Pascal Picq)是法蘭西學苑(Collège de France)的講師(maître de conférences
Article paru dans l'édition du 04.09.11

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以上的《強哥好強》海報……其實是昆汀˙塔倫提諾的影迷偽造的,絕非是正式的電影海報。

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